Les statues de Snowden, Assange et Manning en route pour Paris

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Elles ont trôné devant le palais des Nations Unies à Genève. Les figures en bronze des trois célèbres whistleblowers seront érigées du 23 au 29 septembre sur la place Beaubourg dans la capitale française. La suite d’une exposition itinérante en hommage à la liberté d’information et d’expression.

Mis en ligne samedi 19 septembre 2015 à 9h15

[dropcap]À[/dropcap] côté de la statue d’Edward Snowden, ils ont été nombreux, à Genève, à prendre la pose montant sur la quatrième chaise laissée volontairement vide, un appel à l’engagement personnel en faveur de la vérité. Car «l’art peut être politique», affirme le sculpteur italien Davide Dormino, créateur de l’œuvre intitulée Anything to say? Les statues à l’image des trois icônes mondiales de la lutte contre la surveillance abusive des gouvernements rendent hommage à l’«immense courage de ces hommes», rappelle l’artiste, «qui ont sacrifié leur liberté pour la vérité», en révélant de lourds secrets d’État.

Après le succès public à Berlin, en mai, puis à Dresde et à Genève, du 14 au 18 septembre, c’est à Paris que les lanceurs d’alerte en bronze continuent leur voyage. Ils seront dès le 23 septembre sur la place Beaubourg de la capitale française. Hasard ou ironie du sort, le monument se déplace en France au moment où Julian Assange accuse François Hollande de lui avoir asséné un «coup de poignard dans le dos».

Le fondateur de Wikileaks avait présenté une requête d’asile en France, de manière informelle, dans une longue lettre ouverte publiée le 3 juillet dernier par Le Monde. Dans un entretien au magazine français Society paru hier, il affirme que le président de la république française avait donné des «signaux encourageants», mais il aurait «brusquement changé d’avis». Julian Assange est reclus depuis trois ans à l’ambassade d’Équateur à Londres.

En attendant l’annonce des futures villes d’Europe qui accueilleront l’œuvre, les promoteurs ont décroché un rendez-vous aux États-Unis. «Une réplique de l’œuvre sera installée à l’intérieur du campus de l’Université de Berkeley», confirme Marco Benagli, représentant du groupe de citoyens ayant contribué financièrement à ce projet. Mais aucune date n’a pour l’heure été fixée pour ce voyage hautement symbolique dans le pays où Manning écope de la prison à vie, un sort que Washington voudrait également faire connaître à Snowden.

De part et d’autre de l’Atlantique, le monument entend appeler à une prise de conscience publique et engager artistes, citoyens et politiques dans le débat sur la protection légale des lanceurs d’alerte.

 

Nouveaux MondesLucy Isler