À la recherche de Borges

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Le réalisateur brésilien Cristiano Burlan tourne à Genève un film sur l’écrivain argentin Jorge Luis Borges.

Publié le 29 novembre 2015


Par Luisa Ballin

Genève inspire le réalisateur brésilien Cristiano Burlan. Lors de sa deuxième participation au festival Filmar en América Latina, qui bat son plein jusqu’au 29 novembre à Genève, l’auteur de Fome (Faim), film en noir et blanc en compétition dans la boîte section Coups de Cœur*, a décidé de tourner une fiction en hommage à l’écrivain argentin Jorge Luis Borges, enterré au cimetière dit des Rois de la Cité de Calvin.

«L’année dernière, j’ai été invité à participer au festival Filmar en América Latina. J’en ai profité pour aller voir la tombe de Borges. À l’école, j’avais lu nombre de ses livres qui m’avaient enchanté. J’avais aussi été touché par son histoire. Cette année, lorsque la directrice de Filmar, Sara Cereghetti, m’a invité à présenter mon film Fome, je me suis dit que l’occasion était belle de tourner un film sur Borges à Genève. J’ai contacté le Consulat suisse à São Paulo qui a accepté de soutenir mon projet. Faire un film en six jours, c’est de la folie. Je tournais la journée, je présentais mon film le soir et je dialoguais avec le public et les autres cinéastes la nuit. Je suis épuisé, mais l’atmosphère que dégage Genève me porte», affirme Cristiano Burlan dans un entretien avec La Cité.

«À la recherche de Borges» évoque un scénario que Borges aurait écrit et qui n’a pas été filmé et relate l’histoire d’un réalisateur de cinéma qui est à Genève pour présenter un de ses films. Il y rencontre des personnes qui ont connu Borges comme le journaliste argentin Juan Gasparini, qui fut le dernier à interviewer l’auteur de L’Aleph avant sa mort. Mais au milieu des péripéties du tournage, le réalisateur vit une crise profonde. Il doute. Réussira-t-il à terminer son film?

Henrique Zanoni, complice et acteur fétiche de Cristiano Burlan, incarne le protagoniste d’«À la recherche de Borges». Les deux artistes ont fondé la maison de coproduction de cinéma et de théâtre Bela Films qui a produit vingt œuvres, dont celles de Cristiano Burlan avec Henrique Zanoni en tête d’affiche. «C’est un acteur très intéressant féru de cinéma expérimental. Je l’apprécie car je n’aime pas travailler avec des acteurs cartésiens et pragmatiques. Je préfère des êtres qui, comme moi, doutent, cherchent et créent. Lorsque j’étudiais le cinéma, j’avais des certitudes, j’intellectualisais les choses. J’étais très cérébral. À 40 ans, je commence à oublier les choses que j’ai apprises à l’école de cinéma et je fais plus confiance à mon instinct», déclare Cristiano Burlan.

Pourquoi Genève? «Parce qu’à Genève, je sens que je peux faire quelque chose de puissant. Cette ville m’inspire une réflexion profonde sur le monde et sur les choses de la vie. Je suis nostalgique à Genève, ville que je sens proche de moi. En deux séjours, j’y ai passé en tout dix jours. Cette ville fait partie de moi. Je ne sais pas pourquoi. C’est ainsi».

Cristiano Burlan espère présenter la première mondiale de «À la recherche de Borges» au Festival du cinéma suisse à Sao Paulo. Sa directrice Celia Gambini l’a d’ores et déjà invité à l’ouverture. «Et j’espère que le film sera également à l’affiche lors de la prochaine édition de FILMAR en América Latina à Genève, en 2016», conclut le réalisateur brésilien.


* Outre Forme de Cristiano Burlan, les autres films en compétition dans la boîte section Coups de Cœur du Festival FILMAR en América Latina sont: Carmín tropical, de Rigoberto Perezcano (Mexique); Eva no duerme, de Pablo Agüero » (Argentine-Espagne-France); La obra del siglo / L’œuvre du siècle,  de Carlos Quintela (Cuba-Argentine-Suisse-Allemagne); La once, de Maite Alberdi (Chili); NN sin identidad, d’Héctor Gálvez (Pérou); Tiempo suspendido, de Natalia Bruschtein (Mexique-Argentine) et Tus padres volverán / Tes parents reviendront, de Pablo Martínez Passi (Uruguay). Le Prix du Public a été décerné, le 29 novembre 2015, à ce dernier film.

Art & CultureLuisa Ballin