Le japonisme bouddhique, mystère dévoilé du pays du Soleil Levant

Tous droits réservés en dehors de la communication de l’exposition «Le bouddhisme de Madame Butterfly. Le japonisme bouddhique» Du 9 septembre 2015 au 10 janvier 2016 au Musée d’ethnographie de Genève.

Tous droits réservés en dehors de la communication de l’exposition «Le bouddhisme de Madame Butterfly. Le japonisme bouddhique» Du 9 septembre 2015 au 10 janvier 2016 au Musée d’ethnographie de Genève.

Publié le 5 janvier 2016


Par Luisa Ballin

Plus que quelques jours! Ne ratez pas «Le bouddhisme de Madame Butterfly. Le japonisme bouddhique», magique et envoûtante immersion au pays du Soleil Levant, dont la spiritualité sans Dieu a séduit voyageurs, peintres et écrivains, dont le Genevois Nicolas Bouvier. L’exposition a lieu jusqu’au 10 janvier au Musée d’ethnographie de Genève (MEG).

Dans le dernier tiers du XIXe siècle, les Occidentaux découvrent le Japon qui vient de s’ouvrir au monde. Son histoire intrigue. Sa culture fascine. Elle influencera les beaux-arts européens et inspirera notamment l’Art nouveau. Et le japonisme ne laissera indifférents ni les peintres, ni les écrivains, comme Pierre Loti qui écrira Madame Chrysanthème, livre qui inspirera à Giacomo Puccini son opéra le plus célèbre Madama Butterfly, l’une des œuvres du Bel Canto la plus jouée au monde. Le MEG propose livres et livrets, photos et objets de la genèse de cet opéra, ainsi qu’une vidéo qui projette sur grand écran, casques audio à l’appui, l’un des airs de cette œuvre lyrique qui marquera paradoxalement le crépuscule du japonisme.

L’exposition du MEG, sobre et d’une grande élégance, donne à voir quelques fragments de la rencontre des cultures européenne et japonaise et évoque le bouddhisme du pays du Soleil Levant comme l’une des composantes de la spiritualité universelle. La découverte des six sections qui structurent l’exposition permet de s’imprégner de l’atmosphère que le visiteur imagine être celle de ce pays resté mystérieux, tout en admirant des objets raffinés au style épuré venus de célèbres musées, dont le Musée national des arts asiatiques, devenu également un musée des religions de ce continent, fondé à Paris par Émile Guimet qui invitera le peintre japonisant Félix Régamey (1844-1907) à immortaliser son périple au Japon.

Outre la présentation, pour la première fois depuis cent ans, de sept grandes huiles du peintre, le MEG propose une évocation de la cérémonie bouddhique que deux religieux japonais célébrèrent au Musée Guimet en 1891, avec une partie du mobilier d’origine.

Tous droits réservés en dehors de la communication de l’exposition «Le bouddhisme de Madame Butterfly. Le japonisme bouddhique» Du 9 septembre 2015 au 10 janvier 2016 au Musée d’ethnographie de Genève.
Tous droits réservés en dehors de la communication de l’exposition «Le bouddhisme de Madame Butterfly. Le japonisme bouddhique» Du 9 septembre 2015 au 10 janvier 2016 au Musée d’ethnographie de Genève.

Le Japon, devenu escale incontournable pour de nombreux voyageurs, dévoilera ses traditions, sa culture et son organisation sociale, tout en gardant une part de mystère. En 1872, l’Anglais Thomas Cook lancera la vogue des voyages organisés pour particuliers, inaugurant ainsi le premier périple autour du monde. Les jeunes de bonne famille ne manqueront de saisir cet appel du large afin de parfaire leur instruction au pays des samouraïs, des shoguns et des geishas. Comme de nombreux autres Genevois, le peintre et collectionneur Alfred Étienne Dumont séjournera au Japon en 1891. L’exposition du MEG présente ses dessins, jamais montrés au public auparavant, que l’artiste a exécuté au gré de ses escales. Paysages et instants de vies croqués sur les quais qui permettent au visiteur de capter quelques bribes d’un Japon devenu désir d’Orient lointain.

Si Genève vibre depuis le mois de septembre et pour quelques jours encore aux sons et aux images du japonisme bouddhique, grâce à cette exposition à ne pas manquer, et aux conférence, films, ballades au fil des mots et des sons qui ont jalonné cette immersion japonisante, son moment culminant a eu lieu à l’Alhambra, lors de l’interprétation de trois danses de Miyakita Yoshitaka, passionné de danse depuis l’âge de deux ans, élève de Nakamura Mansaku pendant dix ans, puis son digne successeur à la tête de l’école du maître. Spectacle rare et inoubliable proposé par la Société des Amis du MEG, le jeune danseur, vénéré comme une idole au Japon, a offert trois danses représentant respectivement la neige, les feuilles tombantes, la mer. Moment de grâce qui a permis ou spectateur ébloui de mieux comprendre l’âme japonaise.

ÉCOUTER ET RELIRE NICOLAS BOUVIER, CONTEUR DU JAPON

L’écrivain, poète, photographe, iconographe et grand voyageur genevois Nicolas Bouvier est également présent dans l’exposition «Le bouddhisme de Madame Butterfly», grâce à d’une vidéo projetée en boucle où il relate le premier des trois voyages qu’il a effectués au Japon, lorsqu’il fut l’un des premiers photographe européens à proposer des images aux agences japonaises, quelques années après la fin de la guerre.

Tous droits réservés en dehors de la communication de l’exposition «Le bouddhisme de Madame Butterfly. Le japonisme bouddhique» Du 9 septembre 2015 au 10 janvier 2016 au Musée d’ethnographie de Genève.

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Débarquant à Yocohama en 1955, avec pour toute fortune 25 dollars pour son premier séjour (1955-1956), Nicolas Bouvier note que: «L’air de Yokohama s’avalait comme du Champagne.» Initié à la photo par Jean Mohr peu avant son départ pour le pays du Soleil Levant, ses portraits de Japonaises et de Japonais croisés au hasard de ses pérégrination nippones, tout comme ses Chroniques japonaises, sont une référence dans le monde de l’édition et pour tout écrivain voyageur qui se respecte.

En 1964, Nicolas Bouvier retournera au Japon avec son épouse Éliane et leurs deux fils. Séjours et expériences seront consignés en 1967 dans son livre Japon, qui sera réédité en 1989 sous le titre Chroniques Japonaises. On peut y lire notamment: «Le voyageur est une source continuelle de perplexités. Sa place est partout et nulle part. Il vit d'instants volés, de reflets, de menus présents, d'aubaines et de miettes.»

Tous droits réservés en dehors de la communication de l’exposition «Le bouddhisme de Madame Butterfly. Le japonisme bouddhique» Du 9 septembre 2015 au 10 janvier 2016 au Musée d’ethnographie de Genève.

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Le bouddhisme de Madame Butterfly. Le japonisme bouddhique.

Jusqu’au 10 janvier au Musée d’ethnographie de Genève,
Boulevard Carl-Vogt 65-67, 1205 Genève.
Toutes les informations sont sur www.meg-geneve.ch

Art & CultureLuisa Ballin