Les littératures arabes se font une place au Salon du livre de Genève

 Le pavillon des cultures arabes en 2015. © icamge.ch

Le pavillon des cultures arabes en 2015. © icamge.ch

Le Salon du livre et de la presse de Genève tient, pour la troisième année consécutive, un pavillon des cultures arabes. Du 27 avril au 1er mai, les grands noms des littératures arabes présenteront leurs œuvres et dialogueront avec le public.

Publié le 13 avril 2016


Par Luisa Ballin

C’est aux passeurs de lettres, écrivains, migrants et voyageurs, grands noms et jeunes talents que le pavillon des cultures arabes du Salon du livre et de la presse rend hommage à travers leur actualité de librairie. Alain Bittar, fondateur de la librairie arabe L’Olivier, à Genève, et directeur de l’Institut des cultures arabes et méditerranéennes (ICAM), sera, comme l’an dernier, aux commandes de la librairie du pavillon. «Les grands noms des littératures arabes d’aujourd’hui seront à Genève pour présenter leurs œuvres récentes et dialoguer avec le public. Parmi les plus connus citons les écrivaines libanaises Vénus Khoury Ghata et Najwa Barakat, les romanciers algériens Yasmina Khadra et Boualem Sansal, l’auteur marocain Abdellatif Laâbi, l’écrivain Gilbert Sinoué et son confrère égyptien Robert Solé, le romancier et diplomate palestinien Elias Sambar, ainsi que d’autres écrivaines et écrivains à découvrir.»

Le critique littéraire franco-marocain, Younès Ajarraï, responsable de l’ensemble du pavillon, précise que «les romanciers arabes occuperont une place de choix dans le paysage littéraire, particulièrement francophone à partir des années 1950». Et le critique littéraire de citer Gibran Khalil Gibran, Taha Hussein, Kateb Yacine, Driss Chraïbi, Mohamed Dib, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Albert Memmi. «Plus tard, leurs héritiers continueront cette tradition d’écriture, surtout en langue française, devenue «butin de guerre» puis «maison commune» qu’ils contribueront à décoloniser. Leurs plus jeunes descendants, migrants eux-mêmes ou enfants de l’immigration, écriront quant à eux dans toutes les langues du monde, confirmant ainsi leur enracinement irréversible — quoique contrarié — dans leurs sociétés de naissance, d’adoption ou d’accueil.»

Younès Ajarraï, qui avait également soigné la programmation littéraire du somptueux pavillon marocain, lorsque le royaume chérifien était l’hôte d’honneur du Salon du livre et de la presse en 2012, poursuit son analyse: «Au début, il y avait le récit de voyage, précurseur du roman dans l’histoire de la littérature arabe, et qui constitue un véritable genre littéraire. Du IXe au XIXe siècle, des voyageurs célèbres ont pris la plume pour décrire, analyser ou narrer leurs pérégrinations: Ibn Khaldoun, Ibn Fâdlan, Ibn Jûbayr, Ibn Batouta, Al-idrissi, Assaffar, Tahtawi, Al Mawsili, Diyab. Plus tard, particulièrement à partir de la campagne napoléonienne d’Égypte, des voyageurs occidentaux tout aussi célèbres, «inventeront l’Orient», participant même parfois à son exploration pré-coloniale: Antoine Galland, Chateaubriand, Lamartine, Loti, Flaubert, De Nerval, Rimbaud, Maupassant, Eberhardt, de Foucault. La perception de l’un dans le regard de l’autre va naître de cette rencontre dont on hérite jusqu’à nos jours, tel un miroir charriant les clichés, les préjugés, les bons ou les mauvais sentiments.»


Programme du pavillon des cultures arabes,
du 27 avril au 1er mai: www.icamge.ch

Luisa Ballin