«Transbordeur», une nouvelle revue qui regardera la photographie différemment

 

 

Le premier numéro du magazine annuel thématique sur l’histoire de la photographie paraît le 9 février 2017.

 

Ekatérina Soldatova
1 février 2017

Le titre a été emprunté au pont de Marseille, bâti en 1905. Le Transbordeur, ouvrage de franchissement du Vieux-Port de la ville phocéenne, exprime un concept de passage d’un espace à un autre, de «décloisonnement des espaces». En adoptant cette appellation, le nouveau magazine, fondé par les équipes universitaires de Genève et de Lausanne, en collaboration avec les Éditions Macula, fait écho à la recherche transnationale sur la photographie.

La première édition de cette revue annuelle paraît le 9 février. Co-dirigé par Estelle Sohier, maître-assistante au département de géographie de l’Université de Genève, Olivier Lugon, historien de la photographie et professeur à l’Université de Lausanne, et Anne Lacoste, conservatrice au Musée de l’Élysée, ce numéro inaugural est consacré aux musées qui placent la photographie au centre de leur programme.

Pour les numéros suivants, la revue affiche une double ambition. La première consiste en une recherche intellectuelle s’intéressant aux phénomènes économiques, politiques et sociaux de la culture qui conditionnent l’existence de la photographie. La seconde est de s’interroger sur la matérialité des médias. Car la photographie, ce n’est pas seulement une «expression de consciences individuelles», mais c’est aussi une question de capital financier, de flux, de stockage et de format. En d’autres termes, il s’agira d’une étude de l’image en tant qu’objet et d’une interrogation autour des enjeux économiques qui déterminent l’accès à la photographie.

La portée internationale de Transbordeur est mise d’emblée en avant. La revue collabore avec un comité scientifique international et fournit un effort particulier afin de traduire les comptes rendus de chercheurs étrangers importants tels que l’anthropologue Elisabeth Edwards, l’historienne de l’art Romy Galan ou le spécialiste en littérature et médias au XXe siècle, Bernd Stiegler.

Transbordeur incitera donc à créer de nouvelles recherches et ne constituera pas uniquement un rassemblement de différentes analyses. Elle poursuivra la tradition des Éditions Macula, tournées vers un approfondissement dans les connaissances historiques de l’art et de la pensée dans son ensemble.

Et l'on connaît déjà les thématiques que la revue abordera dans ses prochains numéros: «Photographie et exposition» en janvier 2018, «Photographie et technologies de l’informatique», suite de l’histoire de la photographie jusqu’au numérique, en janvier 2019, et «Monde vu d’en bas», photographie ouvrière, en janvier 2020. Avec ce programme de recherches, Transbordeur montre que la connaissance, même dans un domaine ciblé, peut-être infinie.