Dans les coulisses d'une plainte pour harcèlement contre Nestlé

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L’ancienne cadre qui avait dénoncé la gestion défaillante du géant suisse en matière de sécurité alimentaire livre le récit de son histoire à La Cité. Licenciée, elle a engagé un long bras de fer judiciaire avec la multinationale. Retour sur une affaire troublante.

 

Alec Feuz
21 décembre 2012

Il y a un an, elle franchissait un pas gigantesque. Yasmine Motarjemi, ancienne directrice chargée de la sécurité alimentaire chez Nestlé, déposait, en décembre 2011, une plainte pour harcèlement contre son ex-employeur. Un tribunal vaudois a été saisi, après l’échec d’une séance de conciliation. L’affaire soulève aussi nombre de questions sur la gestion de la multinationale suisse en matière de sécurité alimentaire. Une gestion que Yasmine Motarjemi qualifie de défaillante. Un an après avoir décidé d’engager un bras de fer judiciaire avec le géant basé à Vevey, l’ex-directrice livre le récit de sa mésaventure à La Cité et nous fait entrer dans les coulisses d’une histoire à laquelle nombre de cadres et responsables ou de simples employés pourraient s’identifier. Un récit détaillé dans les 115 pages de la plainte déposée par Yasmine Motarjemi, Food Safety Manager de la grande multinationale de 2000 à 2010.

 

UN POSTE SPÉCIALEMENT CRÉÉ POUR ELLE

Les rapports de Yasmine Motarjemi avec Nestlé remontent aux années 1990. Elle est à cette époque experte scientifique à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chargée de la prévention des toxi-infections alimentaires. C’est en 1993, lors d’une conférence sur la sécurité alimentaire où elle fait une présentation consacrée aux diarrhées des nourrissons qu’elle est remarquée par le responsable du département Quality Management qui recouvre la sécurité alimentaire chez Nestlé. Dans les années 1998-1999, celui-ci lui propose à plusieurs reprises de rejoindre son entreprise. Yasmine Motarjemi finit par accepter et entre officiellement en fonction chez Nestlé, le 1er juillet 2000, en qualité de Food Safety Manager, un poste créé spécialement pour elle.

«En fait, j’étais sous-directrice, une position ambiguë, selon le style de management chez Nestlé», précise-t-elle. Une circulaire interne annonce, par ces mots, sa nomination: «En provenance de l’Organisation mondiale de la santé à Genève, elle a acquis une réputation mondiale en tant que spécialiste scientifique dans le domaine de la sécurité alimentaire et de l’hygiène.» Pendant les premiers mois, alors qu’elle essuie les plâtres d’une fonction pour laquelle il n’existe pas de cahier des charges, Yasmine Motarjemi épluche les dossiers, visite des centres de recherches, fait connaissance avec l’empire Nestlé.

 
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Elle se rend ainsi à Paris et rencontre le directeur Qualité de Nestlé France, qui lui demande tout de go pourquoi elle est venue chez Nestlé et lui fait comprendre de manière explicite que l’on n’a pas besoin de gens comme elle, venant de l’OMS. Ce à quoi elle répond: «Je vais vous prouver que vous avez besoin de moi.» Yasmine Motarjemi ne sait pas encore qu’elle aura bientôt l’occasion de retrouver ce haut cadre sur son chemin. Pour son malheur. Forte du soutien de ses deux supérieurs hiérarchiques successifs, elle s’attaque avec ardeur à l’immense travail consistant à mettre un peu d’ordre dans les procédures de sécurité alimentaire. Elle n’a pas de fonction opérationnelle, il ne lui revient pas de surveiller telle ou telle usine, tel ou tel produit, telle ou telle chaîne de production.

Elle travaille en amont au niveau de la direction. Ce qu’elle doit faire, c’est renforcer et développer les directives sur les risques émergents, s’assurer que les procédures de l’entreprise en matière de sécurité alimentaire sont conformes aux normes internationales, qu’elles sont claires, efficaces, validées, comprises de ceux qui doivent les appliquer afin de prévenir tout danger. Elle doit aussi être consultée dans la gestion des éventuelles crises. Pour exécuter ces multiples tâches, elle est d’abord seule mais constitue petit à petit autour d’elle une équipe avec laquelle elle s’active sans relâche pour la plus grande satisfaction de sa hiérarchie. En témoignent les évaluations annuelles, de 2000 à 2005, de son travail, toutes plus élogieuses les unes que les autres.

Plus elle avance dans la compréhension du fonctionnement des mécanismes censés garantir la sécurité alimentaire chez Nestlé, plus sa mission lui semble énorme. «Toutes les usines que j’avais visitées avaient des problèmes pour identifier les risques liés aux matières premières», raconte-t-elle. Elle écrit lettre sur lettre, courriel sur courriel, dans lesquels elle souligne les dangers, pointe du doigt les lacunes en ressources humaines qualifiées, demande que lui soient fournis les moyens de faire ce pourquoi elle a été engagée. Elle insiste aussi pour que son cahier des charges soit précisé, que l’étendue de sa responsabilité soit clairement définie. En vain. Elle propose également la création d’un manuel de formation en sécurité alimentaire pour s’assurer que les employés reçoivent une formation correspondant à leur responsabilité. Refusé.

Elle parvient cependant à lancer quelques grands projets tel que la révision du Système de gestion de la sécurité alimentaire (Food Safety Management System, FSMS) de Nestlé et la mise sur pied d’une banque de données répertoriant les risques liés aux matières premières que la multinationale utilise dans sa gamme de produits.

 

LES BISCUITS DE LA DISCORDE

Yasmine Motarjemi s’attaque de façon systématique aux problèmes et lacunes qu’elle constate, parmi celles-ci le dosage des vitamines et des différents ingrédients entrant dans la fabrication des aliments pour bébés. «On m’a rapporté que les aliments pour enfants étaient souvent mal dosés pour certaines vitamines. J’ai fait une note mais on ne m’a pas écoutée.» Le problème était pourtant bien réel: en 2005 Nestlé fut contraint de rappeler du lait en poudre produit par une joint venture de Nestlé en Chine, au motif que sa teneur en iode était supérieure aux normes nationales.

Trois ans plus tôt, en décembre 2002, le siège de Nestlé à Vevey reçoit de Nestlé France l’information selon laquelle deux consommatrices se sont plaintes du fait que leurs bébés ont failli «s’étrangler» en consommant des biscuits de la marque P’tits Biscuits. Extraits du rapport: «La maman écrit: ‘Elle est devenue violacée, toussait sans réussir à reprendre son souffle. La consommatrice lui a retiré le morceau de biscuit en lui mettant les doigts dans la gorge.’ Mme M. ajoute: ‘Vos P’tits biscuits sont censés ne pas s’émietter mais dès qu’elle a sucé un peu le sien, il s’est brisé en plusieurs morceaux et a provoqué ce qui est arrivé.’»

En demandant que lui soit transmis l’historique des plaintes, Yasmine Motarjemi apprend que, pour la seule année 2002, ce ne sont pas moins de 38 plaintes visant le même produit qui atterrissent chez Nestlé France, sans qu’aucune mesure efficace n’ait été prise. Suite à l’intervention de Yasmine Motarjemi, ce problème sera résolu par la modification de la farine utilisée et, plus tard, en repoussant l’âge de consommation à quinze mois au lieu de huit.

 

ÉQUIPE DEMANTELÉE

Cette histoire de biscuits allait réserver une surprise à Yasmine Motarjemi. Elle découvre un jour sur son bureau, déposé par une main anonyme, un document daté de juillet 1998, signé par le vice-président du Centre de recherche Nestlé de Lausanne et envoyé à la Division boissons-dessert et diététiques de Nestlé France. Il y était écrit qu’après discussion avec le chef de réanimation pédiatrique de l’hôpital des enfants malades à Paris, il s’avérait qu’on observait en France, chaque année, environ 35 décès d’enfants âgés entre 1 et 4 ans pour cause d’obstruction des voix respiratoires, mais qu’aucun de ces décès n’avait jamais été imputable à un morceau de biscuit. Et le vice-président du Centre de recherche Nestlé de Lausanne concluait: «Si nous voulons donc innover, il faudra probablement oublier l’aspect sécurité, ce qui n’est d’ailleurs peut-être pas plus mal, car parler d’asphyxie, à des mères, n’est jamais très porteur. Par contre, comme nous l’avons évoqué au téléphone, agissons sur la forme, la texture, la couleur, le goût...»

Malgré ou grâce à ses nombreuses remarques critiques à l’encontre des processus de sécurité de l’entreprise, sa compétence et son dévouement au service de Nestlé continuent d’être reconnus de tous. En témoigne une note que lui envoie son supérieur hiérarchique à l’occasion du cinquième anniversaire de son arrivée dans l’entreprise et dans laquelle il lui exprime sa reconnaissance pour la manière consciencieuse avec laquelle elle s’acquitte de son travail et le soutien qu’elle lui apporte. «Your contributions to food safety management are of extreme importance to the company (Vos contributions à la gestion de la sécurité alimentaire sont d’une très grande importance pour la compagnie)», ajoute-t-il, avant de conclure: «Je vous souhaite de nombreuses années riches en satisfactions professionnelles chez Nestlé.»

Quelques mois plus tard, un nouveau chef du département Quality Management, supérieur hiérarchique de Yasmine Motarjemi, entre en fonction. C’est l’ex directeur Qualité de Nestlé France, dont l’hostilité à l’égard des méthodes de sa nouvelle subordonnée est connue de tous, comme l’atteste une lettre, envoyée à Yasmine Motarjemi par celui qui avait été la chercher à l’OMS: «J’ai été consulté (avant sa nomination: ndlr) et j’ai approuvé malgré que je sais que pour toi ce ne sera pas facile...» Et de fait, ce ne fut pas facile. En quelques mois, le département dont elle dépend est réorganisé au point que ni elle, ni ses interlocuteurs dans l’entreprise ne savent plus très bien quel est son rôle, ni si sa fonction de Food Safety Manager existe toujours.

L’équipe qu’elle avait réussi à constituer en cinq ans est démantelée, plusieurs projets importants qu’elle avait initiés lui sont retirés; certains dossiers qui lui sont confiés sont également attribués à d’autres collaborateurs; elle n’est plus invitée à des réunions consacrées à des questions de sécurité alimentaire; elle n’est plus jamais sollicitée pour s’exprimer dans des conférences internes à l’entreprise; elle n’est même plus, ou tardivement, informée des divers crises de sécurité alimentaire qui surgissent dans tel ou tel pays; quand elle propose ses services, ils lui sont refusés.

Lorsqu’elle est invitée à participer à une table ronde organisée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (European Food Safety Authority, EFSA), sa hiérarchie répond: «Definitely not a good idea (Absolument pas une bonne idée).» La liste est longue des petites et grandes vexations qui lui sont ainsi infligées pendant près de quatre ans. Répondant toujours contractuellement à la fonction de Food Safety Manager, elle disparaît des organigrammes ou ne s’y trouve qu’en bout de liste, après le personnel administratif.

 

DEUX VISIONS DE LA SÉCURITÉ

Quand elle demande de l’aide du côté des ressources humaines, elle rencontre des oreilles attentives mais rien ne se passe. Autour d’elle, les soutiens se font discrets, c’est ce qu’elle appelle «la culture de la peur». Ses lettres aux différents échelons de la hiérarchie restent la plupart du temps sans réponse. Car, au delà des éventuelles animosités personnelles, ce sont deux approches de la sécurité alimentaire qui opposent Yasmine Motarjemi à son supérieur et, plus généralement, à son employeur.

L’une, héritée de l’OMS, à la fois scientifique, méticuleuse, soucieuse des normes internationales et de leur application afin de garantir une protection sans faille des consommateurs. L’autre, probablement plus sensible aux exigences de la production industrielle et du marché et, peut-être, moins tatillonne dans l’application de ces mêmes normes. C’est ainsi que dans une vidéo diffusée en 2008 sur l’intranet de Nestlé et destinée aux responsables de la sécurité alimentaire, le supérieur hiérarchique de Yasmine Motarjemi évoque les difficultés de Nestlé à appliquer les normes HACCP, références internationales absolues en matière de sécurité alimentaire.

Il parle certes de l’importance de ces normes mais juge qu’elles «ont été mises au point par des universitaires, des gens qui ont une bonne réflexion, mais n’ont souvent pas d’expérience dans nos usines. Le langage est compliqué, c’est un langage de techniciens, c’est ce que j’appelle parfois, le couac couac de l’OMS». Et d’ajouter: «Si vous identifiez des risques, ne vous laissez pas distraire par des substances et résidus contaminants. Ils ne représentent pas un risque significatif dans nos fabriques.»

Sur intervention de Yasmine Motarjemi, cette vidéo fut d’ailleurs modifiée et expurgée de ses directives incorrectes et de ses commentaires peu diplomatiques à l’endroit de l’OMS, ce qui ne contribua cependant pas à renforcer sa position. La seule issue proposée à Yasmine Motarjemi sera de changer de poste. Quelques propositions lui sont faites dès 2007, qu’elle décline car elle les considère comme des voies de garage. Elle réclame un audit du fonctionnement de son département et dénonce le harcèlement dont elle est victime, en demandant une enquête impartiale afin de faire éclater la vérité. Refusé, même quand elle dépose, en février 2009, une plainte formelle auprès du responsable des Corporate governance, compliance and corporate services de l’entreprise. Elle fait à son tour des propositions de changement de poste, qui sont toutes rejetées.

 

ÉVALUATIONS DIVERGENTES

Il faudra attendre l’été 2009 pour que Nestlé, devant le refus persistant de Yasmine Motarjemi de changer de poste sans audit préalable de son département, confie à un bureau indépendant, Vicario Consulting, une enquête visant à établir si celle-ci a été victime de harcèlement moral de la part de son supérieur hiérarchique. Cette enquête, dont Yasmine Motarjemi ne fut informée que l’avant-veille de son unique audition, aboutit quelques mois plus tard à la conclusion que l’«accusation de comportements abusifs, voire de harcèlement psychologique sur le lieu de travail ne peut être retenue. En effet, dans la durée, dans la répétition ou dans l’intensité, il n’y a pas eu de conduite, unilatéralement ou répétitivement abusive de la part de son supérieur.»

Conclusion qui peut paraître surprenante dès lors que pendant quatre ans, Yasmine Motarjemi a été systématiquement mise de côté par son supérieur hiérarchique qui refusait de voir en elle la Food Safety Manager qu’elle était pourtant contractuellement. Conclusion qui, en revanche, ne paraît pas surprenante lorsqu’on lit dans le descriptif de la démarche de Vicario Consulting qu’outre les deux parties directement concernées, seules «des personnes désignées par la Direction des Ressources Humaines», ont été entendues, alors que Yasmine Motarjemi avait demandé que tous les membres de son équipe, avant et après l’arrivée de son chef, soient auditionnés. Yasmine Motarjemi affirme également que ses preuves et ses documents n’ont pas été examinés, et que la promesse qu’elle serait entendue une seconde fois n’a pas été respectée.

Répondant à nos sollicitations, la direction de Vicario Consulting écrit que, en raison du lien de confidentialité qui le lie à la multinationale, «seules les Ressources Humaines de Nestlé sont habilitées à répondre à toute question à ce sujet». Précisons encore que Nestlé n’a pas souhaité donner suite à nos demandes d’interview. Après plusieurs tentatives, l’entreprise s’est bornée à nous faire parvenir le communiqué standard qu’elle a déjà utilisé à d’autres occasions (lire encadré ci-dessous).

En septembre 2009, Yasmine Motarjemi actionne son assurance juridique AXA Winterthur, qui reconnaît le harcèlement et mandate un avocat genevois pour trouver une solution à l’amiable avec Nestlé. La lettre de cet avocat à la multinationale aura comme conséquence directe le licenciement de la Food Safety Manager de Nesté, en janvier 2010. Depuis, elle peine toujours à se remettre de ses quatre années infernales chez le leader mondial de la nutrition, de la santé et du bien-être et poursuit celui-ci pour harcèlement. Pour Yasmine Motarjemi, c’est «un combat pour la justice et la dignité humaine» qui se poursuit. Un combat dont elle sait qu’il sera long et difficile.

 

Les précédentes enquêtes sur Nestlé

Ce n’est pas la première fois que Nestlé est confronté à la question du harcèlement. Au début des années 2000, une étude de l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive de Lausanne révélait que près de 10% du personnel travaillant au siège de Nestlé, à Vevey, se plaignait de «mobbing».

En 2004, c’est une enquête de la société de conseil en management Sysman qui révélait que 175 personnes sur les 1160 interrogées affirmaient «subir une mise à l’écart ou un harcèlement sexuel». «Je serais très inquiet si personne ne se sentait maltraité ou mécontent. Cela voudrait dire que nous ne sommes pas une société normale», commentait alors le porte parole de la multinationale de l’alimentation, avant de faire valoir que sa compagnie avait mandaté la société ICAS pour prendre en main ce problème.

En 2007, Peter Brabeck, avait accepté de verser plusieurs centaines de milliers de francs à un ancien chef de la sécurité des installations de Nestlé licencié en 1998 et qui, lui aussi, poursuivait son ancien employeur pour harcèlement moral. Le directeur général de l’entreprise et président du conseil d’administration, avait préféré conclure un règlement financier à l’amiable qu’affronter la justice civile vaudoise*.

*Le Temps du 29 août 2007

 


«Ces accusations sont infondées»

Après bien des demandes d’interview, la porte-parole de Nestlé, Melanie Kohli, a transmis à La Cité le même message qu’elle avait adressé à la RTS, le 15 mai 2012. Voici des extraits: «Nous rejetons les accusations de harcèlement moral et psychologique faites par Madame Motarjemi que nous considérons complètement infondées et contraires à la réalité. (...)

La procédure judiciaire étant en cours, nous ne pouvons pas faire davantage de commentaires sur ce cas précis. Nous ne tolérons pas le harcèlement, et toute allégation de harcèlement est prise très au sérieux et fait l’objet d’une enquête approfondie. (...) En ce qui concerne la qualité de nos produits, les affirmations de Madame Motarjemi sont tout simplement fausses. La sécurité et la qualité de nos produits sont notre priorité absolue.

La sécurité alimentaire est bien trop importante pour que l’on tolère des défaillances dans ce domaine. (...) Plus de 5000 employés Nestlé travaillent dans le domaine de la sécurité alimentaire dans le monde entier et s’assurent que les 1,2 milliard de produits vendus chaque jour correspondent aux normes de qualité les plus strictes. Notre système interne de qualité est audité et vérifié par des institutions de certification indépendantes (...).»

 

Paru dans l'édition du 21 décembre 2012 au 11 janvier 2013