Hollande, Juppé et le Slovaque Fico, de plus en plus décomplexés?

 

 

William Irigoyen
4 janvier 2016

Mais où sont passés nos repères politiques?» s’interroge ce lundi 4 janvier 2016 Cécile Cornudet dans le quotidien français Les Echos. Et l’éditorialiste de justifier son interrogation par l’évolution récente de deux responsables hexagonaux: François Hollande et Alain Juppé.

Avec son idée de déchoir de la nationalité française tous les binationaux condamnés pour terrorisme, le premier serait entré dans une phase de droitisation extrême avancée. Quant au second, candidat à la primaire de droite, il utiliserait une «sémantique» et présenterait des «propositions que ne renierait pas son rival Nicolas Sarkozy». Autrement dit, il serait lui aussi en train de verser dans le durcissement idéologique.

Ce même jour, Libération nous parle de l’évolution pour le moins surprenante d’un autre leader politique européen: Robert Fico. Le premier ministre slovaque, un social-démocrate qui a récemment porté plainte devant la Cour de Justice de l’Union européenne contre les quotas de réfugiés et s’oppose au mariage gay, se serait mis en tête de traquer les musulmans dans son pays. Selon Blaise Gauquelin, envoyé spécial du journal à Bratislava, il ne voudrait plus de femmes voilées dans son pays, de mosquées ou de lieux de prières. Et tant pis si la Slovaquie est l’un des pays du «Vieux continent» qui compte le moins d’étrangers (1% de la population).

Sans doute y a-t-il un point commun entre ces trois hommes: ils ont les yeux rivés sur les prochaines élections. En France, la présidentielle est pour l’an prochain. En Slovaquie, les législatives se dérouleront le 5 mars. Certains salueront les «évolutions» de ces hommes au nom du «réalisme politique». D’autres les dénonceront au motif que la fermeté des convictions ne saurait céder le pas à l’opportunisme électoraliste.

Rappelons-nous que le citoyen a tendance à préférer l’original à la copie. Alors, si des responsables politiques se sont mis en tête d’être de plus en plus «décomplexés», qu’ils se mettent donc à dériver. Après tout, ils ne seront pas les premiers à le faire. Mais surtout qu’ils nous épargnent leurs jérémiades quand viendra le temps de l’inévitable Bérézina électorale.

 
ÉditorialWilliam Irigoyen