À Belgrade, le souffle de la démocratie

«Graffiti pour le peuple serbe» de l’artiste russe Misha Most en vielle ville de Belgrade. © Alberto Campi / Belgrade, Serbie, 2015.

«Graffiti pour le peuple serbe» de l’artiste russe Misha Most en vielle ville de Belgrade. © Alberto Campi / Belgrade, Serbie, 2015.

 

 

Alberto Campi
Mai 2017

Ancien ministre de l’information sous Milošević, Aleksandar Vučić, chef du gouvernement de Serbie depuis 2014, a remporté, le 2 avril 2017, les élections présidentielles au premier tour, avec plus de 55% des suffrages.

Cette victoire annoncée est l’aboutissement d’une campagne électorale très médiatique et impartiale visant à entraver le chemin de son principal adversaire, Saša Janković, un indépendant qui a récolté environ le 16% des bulletins.

Des fraudes électorales ont aussitôt été dénoncées par Al Jazeera Balkan et plusieurs journalistes indépendants, motivant des dizaines de milliers de citoyens serbes à descendre dans la rue pour manifester leur opposition au virage autoritaire du pays.

Au lendemain de la victoire de Vučić, une foule a envahi la capitale Belgrade et les principales villes du pays. Depuis, chaque soir, étudiants, travailleurs, journalistes, retraités, ou simples citoyens défilent pacifiquement mais inexorablement pour demander des élections libres et régulières, la liberté de la presse et la défense des droits sociaux.

L’Union européenne, qui ne s’est pas prononcée au sujet des protestations, a félicité le nouveau président pour sa victoire, attisant davantage la colère des manifestants. «Cela fait quinze ans que la Serbie n’avait pas connu un tel élan démocratique», se réjouit Jovan, dans le Courrier des Balkan, un retraité de 76 ans qui n’a pas manqué une seule des manifestation.

 
Alberto Campi