Indépendantisme à l’italienne

Siège historique de la Ligue du Nord à Varese. © Alberto Campi / Varese / Octobre 2017.

Siège historique de la Ligue du Nord à Varese. © Alberto Campi / Varese / Octobre 2017.

 

Alberto Campi
Novembre 2017

Alors que j’écoutais la radio, surpris par l’enchaînement de violences dans les bureaux de vote à Barcelone, le jour du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, je découvre dans mon courrier un appel aux urnes pour le 22 octobre: il s’agit d’un référendum consultatif sur l’autonomie de la Lombardie.

Je tombe des nues. Je n’en savais rien. Je suis Lombard, mais l’information ne m’était pas parvenue à Genève, où je vis depuis quelques années. J’appelle des amis pour avoir des informations, mais je n’obtiens que des réponses vagues: «Ici et là, il y a des affiches, mais pas grand-chose

Malgré la coïncidence temporelle et l’apparence des revendications, les référendums lombard et catalan sont différents. La volonté sécessionniste de la «Padanie» (le soi-disant parlement du Nord de l’Italie, créé par la Ligue du Nord) n’est plus qu’un pâle souvenir.

Les indépendantistes italiens visent tout au plus à gagner une certaine autonomie pour la Lombardie, mais aussi pour la Vénétie, où un scrutin a également eu lieu le 22 octobre dernier. Le motif est connu: obtenir la gestion de l’argent public et, surtout, réduire la part d’impôts versée à l’état italien, pour que cet argent ne file plus vers les régions du Sud.

Les médias ont fait état de scores bulgares: 98% de bulletins en faveur de l’autonomie pour la Vénétie et 95% pour la Lombardie. Sauf que le site du Ministère de l’intérieur italien ne mentionnait même pas ces événements. Si, au lendemain du vote, le site de la région de Vénétie était en cours de maintenance, celui de la Lombardie fournissait des données «¡». Signe que les autorités italiennes ne prennent-elles pas ces scrutins au sérieux?

On est loin en tout cas de la posture martiale de Madrid, qui a lancé le processus de suspension de l’autonomie de la Catalogne. En Italie, les velléités indépendantistes ont longtemps relevé de la gesticulation politicienne ou de l’esbroufe. L’avenir dira si elles ont changé de registre. Mais le doute est permis.

 

 
Alberto Campi