Ces jeunes Bosniens qui ne veulent pas quitter leurs terres

Médina, 19 ans, étudiante en littérature turque à Tuzla. © Alberto Campi / Bosnie-Herzégovine / août 2017

Médina, 19 ans, étudiante en littérature turque à Tuzla. © Alberto Campi / Bosnie-Herzégovine / août 2017

 

 

Alberto Campi
Septembre 2017

Nous sommes en Bosnie-Herzégovine, dans la campagne autour de la ville de Tuzla. Ici, en 2014, grâce à l’initiative de quelques familles rurales de la petite ville de Živinice et le soutien de la Fédération régionale des maisons familiales rurales de Rhône-Alpes, l’association PREC a été fondée, avec pour but de réunir, coordonner et former les jeunes de la région à l’agriculture et au tourisme rural.
    Médina, 19 ans, étudiante en littérature turque à Tuzla et membre actif du PREC, affirme qu’elle n’a aucune intention de quitter son pays pour aller tenter sa chance à l’étranger et ajoute: «Ma famille n’est pas partie pendant la guerre, il n’est pas question que je le fasse moi maintenant! Ici, à la campagne, je peux inventer et porter à terme tout type de projet en toute indépendance. Parce qu’ici il n’y a que ça à faire!» Étudier la littérature et travailler la terre en partageant le savoir et le labeur avec les autres jeunes du lieu.
    En souriant, elle se moque de la paresse des jeunes des villes qui, selon elle, abandonnent le pays parce qu’il ne sont pas assez habitués à travailler dur et à être autonomes. Les chiffres sur l’émigration des jeunes parlent d’eux-mêmes: la Bosnie-Herzégovine, qui compte aujourd’hui moins de 4 millions d’habitants, a vu partir plus de 100 000 jeunes depuis la fin du conflit en 1995*.
    La situation n’est pas rose et recueillir le témoignage à contre-courant des membres du PREC laisse espérer qu’au moins, dans la campagne de Tuzla, il y a des jeunes capables de rêver, d’agir pour construire un futur meilleur pour leur pays.


* Youth Study and Bosnia-Herzegovina: http://library.fes.de/pdf-files/bueros/sarajevo/12565.pdf

 
Alberto Campi