La Palestine sort de la photo

Aviva Raz Schechter, l’ambassadrice israélienne à l’onu, écoute attentivement le discours du président palestinien Mahmoud Abbas au Conseil des droits de l’Homme. © Alberto Campi / Palais des Nations unies, Genève, 27 février 2017

Aviva Raz Schechter, l’ambassadrice israélienne à l’onu, écoute attentivement le discours du président palestinien Mahmoud Abbas au Conseil des droits de l’Homme. © Alberto Campi / Palais des Nations unies, Genève, 27 février 2017

 

 

Alberto Campi
Avril 2017

Le niveau de sécurité dans la grande salle du Palais des Nations, à Genève, est plus élevé que d’habitude: une bande rouge y délimite au centre la zone réservée aux photographes.

Mahmoud Abbas, le président palestinien, entre et prend la parole devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Je ne peux m’empêcher de repenser au discours historique de Yasser Arafat à l’ONU en 1974 et de l’ovation qui s’ensuivit. «Ne laissez pas tomber le rameau d’olivier de ma main», avait-il dit. Je voyage dans ma mémoire et réalise que trente ans sont déjà passés depuis la première Intifada.

J’entends des paroles en arabe, sans en saisir le sens: c’est difficile pour un photographe de prendre des images d’un orateur sans pouvoir en prévoir les expressions du visage.Mon regard se tourne alors vers la salle remplie de monde: seule Aviva Raz Shechter, l’ambassadrice d’Israël à l’ONU, écoute attentivement les mots de Mahmoud Abbas.

Le lendemain, je constate que très peu de médias, Tribune de Genève, Al Jazeera, Haaretz et USA Today, ont donné de l’importance aux propos prononcés par le chef d’état palestinien.

Aujourd’hui, le conflit syrien et Donald Trump concentrent l’attention médiatique. Bien qu’Abbas souligne que la question palestinienne reste le nœud gordien du Conseil des droits de l’Homme et la clé pour faire baisser la tension au Moyen-Orient, ses mots tombent dans l’indifférence quasi générale.

Quelques jours plus tard, la nouvelle de l’invitation de Mahmoud Abbas à la Maison-Blanche, par le président Donald Trump lui-même, suscitera en revanche de l’intérêt.

 

Paru dans l’édition d’avril 2017

 
Alberto Campi