Un trompe l’œil inattendu

© Alberto Campi / Col de la Furka 2016

© Alberto Campi / Col de la Furka 2016

 

 

Alberto Campi

Lors d’un reportage que je suis en train de réaliser à travers les Alpes, il m’est arrivé de passer par la Furka, un col historique, par une route sans parapet qui traverse ce beau paysage: les Alpes bernoises, uranaises et valaisannes comme toile de fond, puis cet aperçu particulier du virage dans lequel a été construit l’Hôtel Gletscher Belvedere.

Un point de vue idyllique avec les premiers kilomètres de la vallée du Rhône, les virages dessinés sur la pente, la route du col du Grimsel... et cet impressionnant panorama sur le glacier du Rhône, qui se tenait là, à quelques dizaines de mètres d’où stationnait ma voiture.

Cela faisait longtemps que je n’étais pas passé par là. La dernière fois, c’était probablement il y a dix ans. Pour aller au Gross Furkahorn, on mettait les crampons juste à côté du fameux tunnel qui était comme une chambre de glace...

Aujourd’hui, à peine une décennie plus tard, je me retrouve à photographier ce que la machine touristique a mis en place pour tenter de combler le vide: la vue sur le glacier n’est plus qu’un trompe-l’œil en 3D, qui n’a plus grand-chose à voir avec cet environnement alpin célèbre, qui cherche à rester attrayant pour les touristes, où James Bond filait à vive allure au volant de son Aston Martin dans Goldfinger en 1964.

Réchauffement ou évolution climatique, érosion des montagnes, de vraies-fausses raisons d’inventer un substitut pour remplacer la glace, c’est-à-dire de l’eau à l’état solide, à de la résine et de la peinture. Avec un sourire crispé et un peu inquiet, j’archive alors cette image sous le mot-clé #glacier... bien que maintenant, sur la photo, on ne le voit plus.

 

Paru dans l’édition d’octobre 2016

 
Alberto Campi