Hakan Günday dédie son prix Médicis à une autre Turquie

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Le 4 novembre ont été décernés le Goncourt et le Renaudot. Le lendemain, 5 novembre, ce sont les jurés du prix Médicis qui ont rendu leur verdict. Dans la catégorie «étranger», c’est l’écrivain turc Hakan Günday qui a raflé la mise pour son dernier roman, Encore, traduit par Jean Descat et édité chez Galaade.

 

William Irigoyen
5 novembre 2015

Le roman de Hakan Gündayraconte l’histoire de Gazâ, fils d’un passeur de migrants qui, à son tour, va très vite reprendre le flambeau paternel avant de s’engager dans de sinueux et complexes chemins de traverse. Un sujet d’actualité qui pose une question philosophique: quelle est notre marge de liberté individuelle dans un monde désormais gouverné par la seule notion d’intérêt?

En choisissant Hakan Günday, les jurés ont récompensé un auteur audacieux qui, livre après livre, construit un univers littéraire singulier doté d’un vrai souffle épique. Ils ont aussi adressé un magnifique compliment à Galaade, maison dirigée par Emmanuelle Collas dont les choix éditoriaux méritent d’être franchement salués.

Peu de temps après l’annonce officielle, votre serviteur a pu s’entretenir avec l’auteur. Nous avions pris date pour un long entretien à retrouver dans le prochain numéro de La Cité (édition de décembre). Nous nous sommes retrouvés dans un hôtel parisien pour une conversation de trois quarts d’heure.

Les premières réponses d’Hakan Günday sont brèves. Elles en disent tout de même assez long sur son rapport au pouvoir, celui de l’AKP, le parti du président Reccep Tayyip Erdogan, auquel, contre toute attente, les élections de dimanche dernier ont donné une majorité absolue.

 

Hakan Günday dédie son prix à l’autre Turquie, celle qui n’a pas voté pour Erdogan