Une nouvelle presse debout

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Publié le 23 décembre 2011 à 18:19

[dropcap]C[/dropcap]e numéro de La Cité, qui enjambe la fin 2011 et le début 2012, marque une transition vers une année cruciale. En un peu plus de trois mois, le journal s’est fait une place dans un paysage romand en pleine mutation, où la disparition d’Edipresse Suisse au profit de Tamedia n’a pas encore déployé tous ses effets. Après un cycle de huit parutions, La Cité garde intactes ses motivations. Nous étions partis de l’idée que l’ère du zapping et du picorage de news nourrirait par contraste le désir d’une nouvelle presse qui transforme, elle, l’information en savoir. Nous n’avions pas tort. Les nouveaux abonnés affirment trouver dans ce bimensuel «un contenu qu’on ne leur offre plus», la taille des articles et la mise en page leur donnant «envie de lire».

Nous étions surtout partis d’une définition particulière de la relation qu’une nouvelle presse devrait entretenir avec les lecteurs. Une relation désintéressée mais d’intérêt public, dont les liens se consolident paradoxalement parce qu’ils échappent à toute catégorisation. La Cité se veut une référence pour ces «libres lecteurs» qui veulent préserver la lecture de la presse comme un acte inclassable.

Ce journal continue de susciter un accueil enthousiaste, qu’il faudra maintenant transformer en un socle financier stable afin d’assurer sa pérennité. Si le lectorat de La Cité est en hausse, la demande n’est pas encore solvable. C’est pourquoi nous glissons dans cette édition un coupon pour souscrire un abonnement. Le budget du journal repose entièrement sur le financement des lecteurs, la publicité y étant très marginale et les subventions inexistantes.

Nous souhaitons être le journal d’un lectorat en mouvement, de ceux qui veulent que le paysage de la presse se régénère et que la pratique d’un journalisme de la connaissance et du savoir monte en gamme, avec une mise en perspective de l’information et du recul, supposant un certain type d’écriture et de compétences.

Les années de concentration médiatique et de standardisation des journaux ont implanté un mode d’appréhension de l’actualité privilégiant la brièveté, la proximité et la profusion d’images. Érigée autrefois en reine de l’actualité, l’information fast food et people n’est plus qu’un fétu ballotté par des vents contraires, proliférant sur le web.

Le phénomène est loin d’être circonscrit à une crise de l’offre de contenus. Il dévoile les limites d’un modèle économique qui met son destin entre les mains des annonceurs et des investisseurs-actionnaires. Emanation du désir d’une nouvelle presse, La Cité donne le pouvoir à ceux qui lisent les journaux et à ceux qui les font. La meilleure façon de soutenir cet engagement est de s’abonner sans tarder et d’abonner ses amis. [su_service title=" Éditorial paru dans l’édition bimensuelle, du 23 décembre 2011 au 13 janvier 2012." icon="icon: sign-out" ]

édito —, MédiasLo Verso Fabio