La Cité, An II

[su_row][su_column size="1/6"] FABIO LO VERSO Journaliste

Rédacteur en chef 2011-2013[/su_column] [su_column size="2/3"]Le sentiment a changé. Il y a un an, lorsque nous mettions sous presse la première édition de ce journal, le lectorat se disait partagé entre optimisme et scepticisme. Créer un nouveau journal, avec l’ambition de l’ancrer durablement dans le paysage médiatique, semblait une utopie dans un environnement en proie à une crise sans précédent. Le lancer sans contrats publicitaires ni prêts bancaires, avec le seul financement de moins de mille abonnés, pouvait à raison soulever bien des interrogations sur la difficulté et la fragilité de la démarche.

Au terme d’un cycle annuel complet de parutions (vous tenez entre les mains le premier numéro de la deuxième année du journal), nous avons réuni les compétences et le savoir-faire pour tenir sur la longueur. Tout journal à ses débuts nécessite d’une période d’adaptation et recherche de l’équilibre, dont l’une des clés réside dans la qualité de son équipe.

Cette première année fut essentiellement placée sous le signe de «l’expérience empirique». Il a fallu tenir la cadence d’un bimensuel d’approfondissement, avec très peu de moyens, fédérer un collectif de rédacteurs et d’intervenants sur qui compter, stabiliser les rubriques. C’est chose faite. Nous avons également appris à connaître nos lecteurs, c’est-à-dire vous. Alors même que le temps et l’énergie nous manquaient pour «communiquer», le bouche-à-oreille a permis de rassembler autour de nous près de mille huit cents abonnés.

Ce cercle est encore modeste pour stabiliser financièrement le journal et réaliser pleinement nos projets. Dans ce but, nous devons atteindre le palier de 5000 abonnements annuels. Mais il nous a d’ores et déjà conforté dans nos convictions: il y a une place, en Suisse romande, pour un titre comme La Cité.

L’année à venir sera plus propice pour tenir nos promesses. Le soutien de la Fondation bâloise pour la diversité de la presse (lire La Cité n.19), ainsi que notre collaboration éditoriale avec la TagesWoche nous permettra de combler quelques-unes de nos lacunes et de répondre à certaines de vos attentes. Notamment la réalisation d’articles politiques et économiques de proximité (locaux, régionaux ou suisses), parce que l’espace public dans lequel La Cité veut faire entendre sa voix commence au pas de votre porte.

Jusqu’ici, ce journal a été presque totalement tributaire de l’offre des contributeurs externes. Or celle-ci s’est exclusivement concentrée sur des thèmes internationaux, sociétaux ou culturels.

A l’exception notable de nos enquêtes sur la montée en puissance des think tanks politiques en Suisse, de la manipulation des chiffres du deuxième pilier, du difficile ménage entre politique et culture alternative à Fribourg ou de l’entrée en politique de la police genevoise, pour ne citer que ces sujets, les pages de ce bimensuel ont le plus souvent accueilli une surabondance de thématiques ouvertes sur le monde. Telles l’émergence d’une nouvelle régulation financière mondiale ou d’une nouvelle économie de la musique, dont l’intérêt, s’il reste indiscutable, a eu pour effet de donner à La Cité une image biaisée.

Ce journal s’est donné pour mission d’analyser et décrypter d’abord et surtout les événements suisses, un engagement qui demeure entier. Ce numéro inaugure donc plusieurs réaménagements, en même temps qu’il marque l’ouverture de chantiers au long cours. La rubrique de «La Quinzaine», d’abord, renoue avec le format des débuts: textes courts, d’actualité, si possible locale, sous l’angle de l’analyse. Le «Grand Angle», pour sa part, proposera en alternance des enquêtes, des sujets d’approfondissement et des débats de fond.

Nous développons également un nouveau site internet, qui mettra en valeur le travail effectué pour l’édition papier en l’augmentant de documents multimédias. Sa réalisation est prévue avant la fin de l’année. Cette initiative contribuera, avec d’autres que vous découvrirez, à nous rendre enfin plus visibles.

Surtout, nous donnerons autant que possible la priorité au journalisme d’investigation. L’enquête sur la «radiographie du lobby romand de l’immobilier,» lancée cet été grâce au financement de nos lecteurs, pourrait à ce titre faire office d’emblème. Vous en lirez les résultats à la fin de l’automne: ce sera, pour vous, l’occasion de juger sur pièces des efforts accomplis.

Happés par les contraintes d’une production bimensuelle, de 24 à 32 pages, nous regrettons d’avoir dû faire l’impasse sur l’organisation de rencontres avec nos lecteurs. Lors de notre fête d’anniversaire, nous avons renoué avec cette pratique en conviant le public à une discussion à Neuchâtel. Le débat fut très fructueux. Dans les prochains mois, nous répliquerons cette expérience à Lausanne, Genève et Fribourg. Afin de mieux cimenter notre relation avec le lectorat du journal. [/su_column] [/su_row]

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