LA CITÉ ACCOMPLIT SON BOND EN AVANT. LIBRE!

Mis en ligne le 4 février 2014

Au moment où notre société est tentée par les bonds en arrière, La Cité accomplit son bond en avant. Si elle change de formule, ce qui forme sa substantifique moelle reste intact. La ligne éditoriale tracée par son éditeur et fondateur Fabio Lo Verso ne varie pas d’un iota. La Cité continue à promouvoir le journalisme indépendant, à tous les niveaux. Indépendant vis-à-vis des puissances économiques et des pouvoirs politiques, mais aussi des préjugés que diffuse la sphère médiatique à jets d’eau tiède continus.

La Cité ne servira pas de petite main à l’industrie du prêt-à-penser. Elle ne se rangera donc pas dans les cohortes militantes et partisanes. La seule cause que votre journal défendra sera celle d’une démocratie ouverte fondée sur l’humanisme, rejetant la haine de l’autre et dénonçant le recours aux boucs émissaires. La Cité deviendra donc mensuelle à partir de ce numéro. Il s’agit d’un essai comme le fut sa parution bimensuelle. à l’issue d’une période de deux ans, la rédaction et les lecteurs seront conviés à donner leur avis sur le rythme qui leur conviendra le mieux.

Ce rendez-vous une fois par mois oblige la rédaction à se libérer encore plus de l’actualité, pour mieux séparer la mousse qu’elle produit des vérités qu’elle recèle. La mise en perspective historique guidera notre travail rédactionnel afin d’apporter de la profondeur de champ à un carrousel médiatique qui, à chaque flash d’information, claironne qu’il a découvert la lune. Un accent particulier sera mis sur la politique au sens large, incluant l’environnement et la vie sociale en Suisse, en Europe et dans le monde. L’économie sera bien entendu présente, mais à sa juste place. La Cité ne cédera pas à la tentation du tout-économique et s’efforcera de redonner à la politique la prééminence qu’elle a perdue. Quant à la photo et à la culture, notamment picturale, elles auront la part belle.

Dans sa quête de libre expression, il était inévitable que La Cité rencontrât Mediapart qui a donné ses lettres de noblesse à la presse numérique francophone. Son président et co-fondateur Edwy Plenel nous a fait l’amitié de participer au départ de ce bond en avant comme il l’explique dans son éditorial en page deux. Mediapart est un exemple d’indépendance journalistique sourcilleuse. Il en a administré la preuve en dévoilant l’affaire Bettencourt qui a ébranlé la droite française au pouvoir et le dossier Cahuzac qui a secoué la gauche au gouvernement, parmi bien d’autres révélations qui ont mis au jour ce que les puissances diverses tentaient de dissimuler dans l’ombre.

Cette alliance entre un journal numérique et un mensuel imprimé est un reflet de l’ambition actuelle du journalisme indépendant. Il doit être présent partout, sur internet mais aussi dans les éditions «papier». Les deux domaines sont plus complémentaires qu’opposés. La télévision n’a pas supprimé la radio, mais elle l’a contraint à se transformer radicalement. Pourquoi n’en ira-t-il pas de même dans le domaine de l’écrit?

Les journaux imprimés ne survivront que s’ils apportent une plus-value et s’ils s’allient à d’autres médias. C’est notre défi. Puisse-t-il, lecteurs, devenir le vôtre.


Jean-Noël Cuénod
Rédacteur en chef
(depuis le 1er mars 2016, il est directeur éditorial responsable de l’espace Éclairages)