La Cité fête son anniversaire

Nous célébrons cinq ans de pure indépendance! Mais cet anniversaire marque surtout le début d’un nouveau cycle par la participation accrue de nos lecteurs au développement du journal.

Par Fabio Lo Verso

Le 16 septembre 2011 paraissait le premier numéro de La Cité. Vous tenez entre les mains la 77e édition de ce journal qui fut d’abord un bimensuel, publié un vendredi sur deux de septembre 2011 à fin 2013, puis un mensuel à partir de 2014. Cinq ans! S’il est encore trop tôt pour tirer un véritable bilan, c’est l’occasion de remercier celles et ceux qui nous ont permis de pouvoir fêter ce cinquième anniversaire.

Les lecteurs, d’abord. Auxquels ce journal est lié comme un poumon à son système respiratoire. Ils sont l’alpha et l’omega de La Cité, sa raison d’être et son unique horizon. Les lecteurs-fondateurs tout particulièrement, qui, dès la première heure, soutiennent sans relâche «leur journal». C’est par eux, et seulement par eux, que le capital de départ a été réuni. Sous la forme d’abonnements préalablement versés entre septembre 2010 et septembre 2011.

Des petits montants qui, additionnés, ont permis de récolter la somme nécessaire pour faire éclore un nouveau titre dans le paysage suisse. Aucun capital bancaire ou tiré de fortunes personnelles n’a été utilisé pour financer La Cité. C’est aux lecteurs que nous avons individuellement demandé le «droit de paraître», avant de publier notre premier numéro. Un fait rarissime, sinon unique, en Suisse.

Aujourd’hui, nombre de ces lecteurs-fondateurs, rejoints par de nouveaux passionnés du journal, animent le «Cercle des Amis de La Cité». S’il y a une raison fondamentale de fêter ce cinquième anniversaire, elle est bien dans l’engagement de ce groupe qui, cette année, entre pour la première fois concrètement en scène. Persuadé de longue date que la préservation du journalisme de qualité (et des médias qui l’incarnent) est entre les mains des citoyens qui le considèrent comme essentiel pour la démocratie, je tire un motif de grand espoir de cette nouvelle relation du journal avec ses «Amis».

Concevoir une presse pour ses lecteurs, c’est leur reconnaître un droit de coopération et d’échange avec celles et ceux qui font le journal, journalistes, photographes, graphistes... Se réunissant, de façon autonome et indépendante de la rédaction, les «Amis de La Cité» n’entendent plus se limiter à financer — via les abonnements et les dons — le développement du titre, mais ils veulent lui impulser une nouvelle vitesse en participant activement à son élaboration stratégique, leur apport intellectuel comptant, pour nous, davantage que leur contribution financière.

Cet anniversaire est aussi l’occasion de remercier l’immense engagement de tous nos collaborateurs, anciens et actuels. Un remerciement spécial va à Catherine Fiankan-Bokonga, qui a décidé de fonder un nouveau magazine, dont le premier numéro était annoncé pour la fin août, au moment où cette édition quinquennale de La Cité passait sous presse. Nous la remercions d’étoffer ainsi le tissu médiatique et lui souhaitons sincèrement bon vent! De mars à juillet 2016, elle aura contribué — à l’instar de celles et ceux qui, avant elle, ont intégré puis quitté notre rédaction — à faire de ce journal un rendez-vous indispensable pour ces lecteurs qui aspirent à une presse honnête, libre et, surtout, farouchement indépendante.
    
Cinq ans de pure indépendance, voilà ce que nous nous sommes surtout en droit de célébrer à La Cité, un titre qui ne touche pas de subventions, ni une quelconque aide financière assimilable à une subvention. Un journal qui ne fait aucune place à la publicité payante dans ses budgets prévisionnels. Une réclame payée devient alors une sorte de «bonus» (rappelons-le: dont le titre peut se passer et sur lequel il ne compte pas pour son financement) mais qui, une fois touché, est directement investi dans l’élaboration du contenu rédactionnel.

La publicité est un chapitre de notre fonctionnement qui mérite une clarification, en tout cas une fois tous les cinq ans, car elle peut donner lieu à des malentendus. Pour les dissiper, retenez que l’écrasante majorité des réclames parues dans nos pages était sans contrepartie financière. Elles ont été offertes pour donner de la visibilité à des initiatives, essentiellement culturelles, qui ont attiré notre intérêt ou provoqué des coups de cœur. Parfois, nous avons accepté en échange des billets de théâtre ou l’accès à des festivals à l’usage exclusif de nos abonnés. Enfin, en tout et pour tout, de septembre 2011 à septembre 2016, la publicité payante représente entre 3 et 4% de nos revenus. À égalité avec les dons...

Ce cinquième anniversaire marque le début d’un nouveau cycle pour La Cité, qui se fonde sur un rôle accru de ses lecteurs dans le développement du journal. Nous nous en réjouissons immensément et espérons que, dans cinq ans, lors de notre 10e anniversaire, ils auront écrit une nouvelle page de notre combat pour une presse libre.

Fabio Lo Verso