Migrations, drogues et Boko Haram au menu de la XXXe session du Conseil des droits de l’Homme

© Alberto Campi / Genève

© Alberto Campi / Genève

Au moment où, à Bruxelles, les ministres de l’Intérieur et de la Justice des pays membres de l’Union européenne se retrouvent pour une réunion consacrée à la crise migratoire et que l'Allemagne décide de réintroduire provisoirement des contrôles à ses frontières, à Genève s’ouvre, lundi 14 septembre, la XXXe session du Conseil des droits de l’Homme.

Publié le 14 septembre 2015


Par Catherine Fiankan-Bokonga

La dernière session régulière de l’année 2015 sous la présidence de l’Ambassadeur d’Allemagne, Joachim Ruecker, promet d’être particulièrement chargée. Elle sera ouverte par le traditionnel discours du Haut-Commissaire des droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein: une allocution qui évoque la problématique de la migration à laquelle l’Europe doit faire face, avant de faire le point sur les situations préoccupantes, dans le monde, en matière de respect des droits de l’Homme.

On rappelle que, lors de la session de juin 2015, le Haut-Commissaire avait adressé la question des réfugiés au Conseil des droits de l’Homme et partagé sa crainte sur la capacité de la Communauté internationale de protéger les droits des migrants (Discours prononcé le 15 juin 2015).

L’intervention du Ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, Mangala Samaraweera, en ce jour d’ouverture est particulièrement attendue par les diplomates occidentaux. En effet, durant la session de mars, un report de six mois de la discussion sur la situation dans le pays avait été obtenu en raison du changement de gouvernement à Colombo.

Le Conseil des droits de l’Homme a ordonné une enquête sur les allégations de crimes commis par toutes les parties en présence durant le conflit Sri Lankais qui s’est achevé en 2009. Pour le moment, aucune personne n’a été traduite en justice pour crime de guerre ou violation des droits de l’homme. Le rapport sera débattu le 30 septembre 2015.

Depuis plusieurs années, le Conseil des droits de l’Homme est mis sous pression pour avoir exposé la constante violation des droits humains au Bahreïn. La Suisse va faire une déclaration au nom de plusieurs pays pour rappeler aux autorités bahreïni de respecter les engagements pris devant le Conseil. Pendant la session de juin 2014, dans une déclaration commune, 47 pays avaient mis en lumière la situation des droits humains au Bahreïn. Depuis lors, la répression des voix dissidentes n’a fait qu’empirer.

Le 15 septembre, une résolution devrait être proposée sur la crise des droits humains au Burundi. Pablo de Greiff, rapporteur spécial chargé de la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, présentera son rapport suite à sa visite effectuée dans le pays. Selon un diplomate occidental, la France souhaite que «l’Afrique ne soit pas oubliée»… «Elle fera en sorte que le Conseil des droits de l’Homme soit plus actif dans son rôle d’alerte et d’accompagnement dans les crises africaines.»

TOUCHE GLAMOUR?

La touche glamour de la XXXe session sera apportée par la reine Mathilde de Belgique qui s’exprime, mardi 15 septembre, dans le cadre d’une réunion-débat sur l’intégration d’une perspective sexospécifique.

Le 21 septembre sera une journée très active. D’une part, la Commission indépendante d’enquête sur la République arabe syrienne présentera son Xe rapport devant le Conseil des droits de l’Homme (ce qui entraînera le vote d’une XVIII résolution). D’autre part, une discussion sur la situation des droits de l’Homme en République populaire démocratique de Corée aura lieu dans le cadre du point 4 («Situation des droits de l'Homme requérant l'attention du Conseil»), ce qui constituera une première pour un pays.

Le Conseil tiendra un débat de haut niveau, le 28 septembre, sur les conséquences du problème mondial de la drogue sur les droits humains. L'ex-présidente de la Confédération, Ruth Dreifuss, et le ministre colombien de la justice feront partie des membres du panel. Le Conseil discutera aussi du nouveau rapport réalisé par le Haut-Commissaire des droits de l’Homme sur le sujet en vue d’une session spéciale de l’Assemblée Générale sur les drogues (à New York, en avril 2016).

D’autres présentations auront lieu sur la situation des droits humains au Soudan, en Ukraine, en République démocratique du Congo et en Libye (29 septembre) en République centrafricaine et sur les atrocités commises par Boko Haram (30 septembre).

Une trentaine de résolutions sont en préparation et devront être votées durant les derniers jours de cette XXXe session du Conseil des droits de l’Homme.