Quatre lignes d’action pour mettre fin à la pauvreté dans le monde

Le Secrétaire général de CNUCED, Mukhisa Kituyi. © ONU Photo

Le Secrétaire général de CNUCED, Mukhisa Kituyi. © ONU Photo

Publié le 15 septembre 2015


Par Catherine Fiankan-Bokonga

Alors que l’Europe fait face à l’arrivée de milliers de réfugiés poussés vers elle par la guerre, la faim et le désespoir, à Genève, le Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), Mukhisa Kituyi, propose quatre lignes d’action pour mettre fin à la pauvreté dans le monde.

D’après l’ancien ministre du Commerce et de l’Industrie du Kenya, «les vingt-cinq dernières années ont créé l’environnement requis pour donner l’impulsion finale qui fera disparaître l’extrême pauvreté en une génération.» Et d’asséner: «Ces années nous ont appris que nous pouvons repousser les frontières du possible.»

Pour Mukhisa Kituyi, l’objectif est loin d’être utopique. Il compare cet extraordinaire défi à celui relevé par la Chine au début des années 1990. «En 1994, le taux d’extrême pauvreté de la population chinoise se situait à 46%. Près de quinze ans plus tard, le taux annuel de croissance de son PIB par habitant avait atteint 9,4%. Sur cette période, la Chine a su ramener son taux d’extrême pauvreté à 11,8%.»

Aujourd’hui, il faudrait que «dans le même laps de temps, les PMA fassent passer leur taux de pauvreté de 46 à 0% pour atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030», déclare le chef de la CNUCED. Il ne s’agit pas d’une mission impossible, mais... «une grande ambition réclame seulement plus de détermination.»

VEILLER À L’ARCHITECTURE ÉCONOMIQUE MONDIALE

Mukhisa Kituyi décortique le titre du rapport intitulé Des décisions aux actions (lire ici), présenté le 15 septembre à l'ONU de Genève. «2015 est l’année des conférences, des engagements, des ambitions et des objectifs. La Conférence internationale sur le financement du développement (Addis-Abeba, juillet 2015), le Sommet sur les objectifs de développement durable (New York, septembre 2015), la COP21 sur les changements climatiques (Paris, décembre 2015) et la Xe Conférence Ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce/OMC (Nairobi, décembre 2015) en constituent les quatre ambitions. Maintenant, il est temps de passer de la période de décisions à celle de l’action!»

Pour ce faire, le Secrétaire général de la CNUCED identifie quatre lignes directrice:

  1. Accroître les capacités productives afin de transformer les économies (investissement, commerce, technologie, entrepreunariat, fiscalité…);
  2. Améliorer l’efficacité des États et l’efficience des marchés (renforcement de la concurrence, protection des consommateurs, extension des infrastructures...);
  3. Lutter contre les vulnérabilités (gestion de la dette, modernisation…);
  4. Renforcer le multilatéralisme (solutions communes, partenariats mondiaux...).

«Première conférence ministérielle des Nations Unies de l’après 2015», la CNUCED XVI (qui se tiendra à Lima, Pérou, du 15 au 18 mars 2016) réaffirmera les principaux mandats et le programme de l’organisation afin qu’elle atteigne son objectif principal: aider les pays en développement et les économies en transition à parvenir à un développement inclusif et durable. Principale difficulté de cette mission décidée il y a 70 ans: veiller à ce que l’architecture économique internationale continue d’accompagner les efforts de tous les pays. Mukhisa Kituyi explique que la barre sera placée très haut et que cela demandera des efforts sans précédent.