L’Union interparlementaire s’attaque aux grands défis de la planète

Martin Chungong, secrétaire général de l’UIP © ONU Photo

Martin Chungong, secrétaire général de l’UIP © ONU Photo

Organisation discrète, l’UIP a pris l’habitude d’œuvrer activement en coulisses et d’obtenir des résultats probants. Désormais, ses membres souhaitent que les actions menées soient visibles afin d’augmenter sa crédibilité. Migrations et terrorisme sont au cœur de son assemblée annuelle, la 133e, qui se tient à Genève.

Publié le 19 octobre 2015


Par Catherine Fiankan-Bokonga

Initialement prévue à Carthagène en Colombie, la 133e assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) vient de commencer ses travaux au Centre international de conférences de Genève. Sous l’impulsion de son secrétaire général, le camerounais Martin Chungong, la plus ancienne organisation internationale, née en 1889, surfe plus que jamais sur la vague du XXIe siècle. Migrations et contre-terrorisme constituent la pierre angulaire de cette réunion où des parlementaires de près de 130 pays se concentrent sur les actions à entreprendre pour résoudre les maux de notre époque.

«Nous avons voulu donner un visage humain au phénomène de la migration. Nous avions la volonté de mettre en exergue ses bienfaits et ce qu’elle peut apporter en plus à la société d’accueil», explique Martin Chungong. Le Secrétaire général s’est adressé dans le même sens aux organes directeurs. Il a exprimé le souhait que «l’organisation faîtière des parlements soit au diapason avec les préoccupations des peuples». Il a ajouté: «L’UIP doit s’impliquer dans les problématiques qui occupent le monde.»

C’est précisément ce que l’Union a fait au moment du coup d’État au Burkina-Faso. Elle est intervenue en condamnant le renversement du gouvernement intérimaire et l’interruption du processus de transition vers un régime démocratique. Le président du parlement burkinabé est à Genève tout comme ses collègues de Syrie, du Burundi, de Corée, de la Fédération de Russie... «Ils sont convaincus de l’utilité de l’organisation en tant que plateforme de dialogue et de médiation de crise», constate Martin Chungong.

L’IMPORTANCE DU RÔLE DE LA FEMME DANS LA RÉSOLUTION DE CONFLITS

Pour l’UIP, la lutte que la Communauté mondiale mène contre le terrorisme doit être appuyée par les résolutions adoptées par l’organisation. Durant cette assemblée, un plan d’action va être mis en place utilisant les mécanismes constitutionnels. Il s’associera aux instances pertinentes des Nations Unies, tel le sous-comité du Conseil de sécurité qui s’occupe de la lutte contre le terrorisme et l’Office des Nations Unies à Vienne (UNODC). Les parlementaires doivent jouer un rôle multiforme pour enrayer ce fléau qui prend de l’ampleur.

L’importance du rôle des femmes dans la résolution de conflits n’est pas oubliée. Le secrétaire général a déclaré que l’organisation consacrera encore plus d’énergie pour mettre en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies. «Nous cherchons à multiplier des exemples comme celui du Rwanda où 56% des membres du Parlement sont des femmes. Les rwandaises ont joué un rôle important dans la résolution de la crise et elles continuent à être des modératrices dans un esprit réconciliateur.»

Sous l’impulsion de son secrétaire général, l’UIP continue également à exercer une pression sur les pays qui n’acceptent pas que les femmes soient présentes dans les instances de prise de décision. Lors de la cérémonie d’ouverture, la présence, comme intervenante, de Cécile Kashetu Kyenge, ancienne ministre de l’intégration en Italie, originaire de RDC, a donné le ton. Pour illustrer son propos, Martin Chungong a cité le président des États-Unis Barack Obama: «On ne peut pas se cacher derrière une culture ou derrière la religion pour dire que les femmes ne peuvent pas jouer un rôle important dans la société.»