«La lutte anti-mines est la première mesure à prendre lors d’une action humanitaire»

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Agnès Marcaillou, directrice de l’UNMAS, le Service de l’action anti-mines des Nations Unies, explique la pertinence du travail de son organisation et de son évolution à une époque où les civils sont de plus en plus ciblés dans les conflits armés.

Publié le 19 février 2016


Par Catherine Fiankan-Bokonga

Le Palais des Nations Unies a hébergé une semaine de réunions dédiées à la lutte anti-mines, c’est-à-dire à toute l’action humanitaire qui est entreprise pour lutter contre les dangers créés par tout ce qui explose. À cette occasion, l’organisation a lancé le portfolio des projets d’action pour l’année en cours. Cet outil est très important pour les bailleurs de fonds car il rassemble les programmes relatifs à 23 pays affectés par la contamination d’engins explosifs.

L'action anti-mines a évolué au cours des dernières années ainsi gestion des munitions, collecte de données et de surveillance, appui au développement socio-économique font désormais parties des catégories à financer. En 2016, plus de 357 millions de dollars sont nécessaires pour intervenir mais, pour le moment, seuls 59 millions sont assurés c’est à dire 17% du total requis. Dans l’interview audio (10 minutes environ) que la directrice de l’UNMAS nous a accordée, elle explique la pertinence du travail de son organisation et de son évolution à une époque où les civils sont de plus en plus ciblés dans les conflits armés.

Avec un besoin de 96 millions de dollars, l’Afghanistan est le pays qui nécessite l’investissement le plus important pour remplir ses conditions du Traité anti-mines. Les appels pour l’Irak (40millions) et la Syrie (33 millions) ont à peine récolté 8 millions. Neuf pays lourdement affectés, dont le Myanmar, n’ont rien reçu.

L’UNMAS travaille en ce moment sur des questions qui vont bien au-delà des mines. Ainsi pour la directrice de ce service, la dimension «déminage» doit absolument être prise en compte lors du prochain Sommet mondial de l’humanitaire qui aura lieu à Istanbul, les 11 et 12 mai, car sans le service anti-mines le travail des humanitaires ne serait pas possible.


Catherine Fiankan-Bokonga
Rédactrice en chef

Catherine Fiankan-Bokonga