Didier Burkhalter: «On ne lutte pas contre le terrorisme sans lutter contre ses causes profondes»

Didier Burkhalter, chef du Département fédéral des affaires étrangères. © Alberto Campi / Palais des Nations, Genève, 29 février 2016

Didier Burkhalter, chef du Département fédéral des affaires étrangères. © Alberto Campi / Palais des Nations, Genève, 29 février 2016

 

 

Catherine Fiankan-Bokonga
29 février 2016

À l’occasion de l’ouverture de la 31ème session du Conseil des droits de l’Homme, le conseiller fédéral Didier Burkhalter, chef de la diplomatie suisse, a pris la parole en tant que représentant du pays hôte. Lors de son intervention, le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a déclaré que la communauté internationale n’a plus droit à l’erreur et doit sans délai trouver une solution politique à la crise syrienne.

Il a estimé que l’accord de cessation des hostilités, entré en vigueur avant-hier, est un pas encourageant dans la bonne direction. Puis, il a exhorté toutes les parties au conflit à respecter les termes de cet accord et de plaider en faveur d’une aide humanitaire suffisante et sans entraves qui puisse soulager les souffrances des populations touchées. Le conseiller fédéral a déclaré que, face aux migrations de grande ampleur engendrées par cette crise, il s’agit de tenir compte des inquiétudes de nos populations, mais sans jamais perdre de vue l’importance essentielle de la dignité humaine.

«Il faut s’abstenir de réduire les espaces de liberté de la société civile», a poursuivi Didier Burkhalter. Les droits de l’Homme sont menacés partout où sévit le terrorisme, «dont les agissements et les atrocités secouent la conscience humaine car ils nient les principes fondamentaux des droits humains et nient la vie humaine».

«La Suisse s’est engagée à trouver des alternatives contre le terrorisme violent, notamment à l’adresse des jeunes, et le pays développe son propre plan d’action de politique étrangère dans ce but», a-t-il précisé. Didier Burkhalter a indiqué que la Suisse organise, les 7 et 8 avril prochains, en collaboration avec l’ONU, une conférence internationale visant à discuter des opportunités et des défis dans la prévention de l’extrémisme violent et à faire un pas de plus vers une action concertée en faveur de la paix et la sécurité.

Le chef de la diplomatie helvétique a indiqué qu’il faut combattre le terrorisme par les valeurs. Il a rappelé aux membres du Conseil des droits de l’Homme que la recherche du consensus, la protection des minorités et la solidarité font partie des piliers de la politique extérieure de la Suisse. Il a par la suite indiqué que la Confédération helvétique allait lancer un appel politique en vue de l’optimisation des échanges entre le Conseil de sécurité et le Conseil des droits de l’Homme.

 

Écoutez l’interview dans laquelle le chef du DFAE donne plus de précision sur la tenue de la Conférence internationale sur la prévention du terrorisme: