Michaëlle Jean: «Ne répondons pas à la barbarie par la barbarie»

Michaëlle Jean vue par © UN Photo / Pierre Albouy / Palais des Nations, Genève, 29 février 2016

Michaëlle Jean vue par © UN Photo / Pierre Albouy / Palais des Nations, Genève, 29 février 2016

Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui regroupe 80 États et gouvernements, estime que les préoccupations et les objectifs de l’OIF rejoignent ceux du Conseil des droits de l’Homme. C’est ce qu’elle a plaidé devant les membres du Conseil.

Publié le 29 février 2016


Par Catherine Fiankan-Bokonga

«Prenons le temps de plonger aux racines de ce fléau qu’est le terrorisme. Combattons la radicalisation de nos jeunes par ces forces de construction massive que sont l’éducation, la culture, les initiatives citoyennes, les actions concrètes en faveur du développement économique et de l’emploi, en faveur de la démocratie et de l’État de droit.» Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui regroupe 80 États et gouvernements, estime que les préoccupations et les objectifs de l’OIF rejoignent ceux du Conseil des droits de l’Homme.

C’est ce qu’elle a plaidé devant les membres du Conseil, qui a commencé, lundi 29 février, les travaux de sa 31ème session ordinaire. Elle a également appelé la communauté internationale à reconnaître avec humilité que beaucoup reste à faire en ce qui concerne le respect des droits humains. Mettant en garde contre les «empiètements» que la lutte antiterroriste peut occasionner sur la lutte en faveur des droits de l’Homme, elle a notamment dénoncé les arrestations et les détentions arbitraires. «Ne répondons pas à la barbarie par la barbarie», a-t-elle affirmé, appelant les gouvernements à se pencher sur les causes de cette extrême violence et de la radicalisation des jeunes.

Michaëlle Jean a ensuite noté l’émergence de nouveaux défis, liés notamment aux changements climatiques. Le temps presse, a-t-elle dit. «Car le monde est en proie à des changements climatiques inédits qui jettent sur les routes des dizaines de millions de réfugiés, de déplacés, de migrants, dont on oublie trop souvent, trop vite, qu’ils ont des droits. Et ils risquent d’être toujours plus nombreux si, là encore, nous ne nous attaquons pas, de toute urgence, aux causes profondes de ces exils forcés.»

Pour anticiper les violences dont sont victimes de nombreux pays et réduire la disparité des moyens des pays, l’OIF tiendra une conférence ministérielle pour définir une politique commune, qui aura lieu à la veille de la conférence organisée par la Suisse sur la prévention du terrorisme.

Écoutez les explications de la secrétaire générale de l’OIF au sujet de la conférence ministérielle qu’elle s’apprête à organiser (audio ci-après):


Catherine Fiankan-Bokonga
Rédactrice en chef