Enfants victimes des conflits armés: l’UNICEF rejoint le constat accablant de l’ONU

© UNICEF / Syrie 2016

© UNICEF / Syrie 2016


À l’approche du premier Sommet mondial humanitaire, du 23 au 24 mai à Istanbul, l’UNICEF a analysé le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits. Les conclusions sont effrayantes. En moyenne, quatre écoles ou hôpitaux sont attaqués par jour ou occupés par des forces et des groupes armés.

Publié le 20 mai 2016


Par Catherine Fiankan-Bokonga

Suite aux récentes attaques menées contre des écoles, des établissements de soins et du personnel dont, notamment, l’attaque d’un hôpital d’Alep, en Syrie, le 27 avril dernier, où, parmi les victimes, se trouvait l’un des derniers pédiatres de la région, le fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a décidé de publier ses propres conclusions après lecture du dernier rapport du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, sur la situation des enfants dans les conflits.

Le rapport annuel fait état de plus de 1500 cas d’attaques sur des écoles et des hôpitaux ou de leur utilisation militaire durant la période allant de janvier à décembre 2014. Que ce soit en Afghanistan, où 163 écoles et 38 établissements de soins ont été attaqués, en Syrie, où l’on a enregistré 60 attaques contre des établissements scolaires ainsi que neuf cas d’utilisation militaire et 28 attaques contre des établissements de soins, au Soudan du Sud, qui enregistre sept cas d’attaques contre des écoles et 60 cas relatifs à une utilisation militaire, l’État de Palestine qui comptabilise un total de 543 établissements scolaires endommagés ou bien au Nigeria, dont les autorités responsables de l’éducation du nord-est du pays ont identifié la destruction de 338 écoles entre 2012 et 2014… Au Yémen, les informations les plus récentes démontrent qu’en 2015, cinq fois plus d’enfants ont été blessés, tués ou encore recrutés et utilisés par les parties au conflit.

L’an dernier, le dispositif de surveillance de l’ONU a également permis de rapporter ce qu’on appelle les «attaques à double impact», voire «à triple impact», sur des établissements de soins dans lesquels des civils et les premiers secours arrivant sur place ont été attaqués. L’UNICEF déclare qu’outre les attaques contre des édifices, les conflits ont d’autres conséquences importantes pour l’éducation des enfants et les soins de santé.

En Syrie, par exemple, tout comme les attaques contre les hôpitaux, le retrait des trousses médicales et des fournitures chirurgicales des convois humanitaires, les restrictions portant sur les évacuations sanitaires et les meurtres de membres du personnel médical font que l’accès aux soins de santé dans les zones concernées, d’une importance vitale pour la population civile, diminue de jour en jour.   

Leila Zerrougui, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, constate qu’en 2015 les conflits sont de plus en plus complexes et leur impact sur les enfants est dévastateur. Elle aime insister sur l’importance de l’accès à l’éducation, décrivant ce droit fondamental comme un «facteur clé dans la lutte contre les discours extrémistes».

Les conclusions d’un nouveau rapport de l’UNESCO et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) sont elles aussi inquiétantes. Dans le document d’orientation intitulé «Plus d’excuses», il ressort que seuls 50 % des enfants réfugiés suivent un enseignement primaire et 25 % des adolescents réfugiés un enseignement secondaire.