Participation universelle à l’occasion du dixième anniversaire du Conseil des droits de l’homme

© Alberto Campi / 2016

© Alberto Campi / 2016


Le Conseil des droits de l’homme tiendra sa trente-deuxième session ordinaire du 13 juin au 1er juillet, au Palais des Nations à Genève. Cette réunion marquera son dixième anniversaire et à cette occasion, pour la première fois, la participation sera universelle.

Publié le 8 juin 2016


Par Catherine Fiankan-Bokonga

Organe intergouvernemental du système des Nations Unies créé le 15 mars 2006 pour renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde, le Conseil des droits de l’homme est composé de 47 États membres. Il a succédé à la Commission des droits de l’homme qui avait été créée en 1946.

Lors de l’ouverture, lundi 13 juin, le Conseil, présidé cette année par l’Ambassadeur Choi Kyong-lim de la République de Corée, assistera à la présentation du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, des activités du Haut-Commissariat depuis la précédente session du Conseil, tenue en mars dernier.

Durant les près de trois semaines de travaux, une série de dialogues interactifs se tiendra sur la Syrie, le Bélarus, l’Erythrée, le Soudan du Sud, la République centrafricaine, la Côte d’Ivoire, le Burundi etl’Ukraine. On aura l’occasion d’entendre une mise à jour orale du Haut-Commissariat concernant le Sri Lanka et sur la situation des musulmans rohingyas au Myanmar. L’état des droits de l’homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés ne sera pas oublié.  

Dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU), mécanisme considéré par de nombreux États membres comme l’innovation phare à mettre à l’actif du Conseil ces dix dernières années, des rapports issus des travaux menés en janvier dernier par son Groupe de travail chargé de la question seront examinés. Quatorze pays sont concernés. Il s’agit de la Namibie, du Niger, du Mozambique, de l’Estonie, du Paraguay, de la Belgique, du Danemark, de Palaos, de la Somalie, des Seychelles, des Îles Salomon, de la Lettonie, du Sierra Leone et de Singapour.  

A l’occasion du trentième anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement, le 15 juin, une réunion-débat sur la protection et la promotion du droit au développement aura lieu. Le lendemain, le Conseil tiendra sa journée annuelle de discussion sur les droits des femmes. Un débat sur le racisme est aussi prévu avec le Rapporteur spécial chargé de cette question tout comme une réunion-débat sur l’utilisation du sport et de l’idéal olympique pour promouvoir les droits de l’homme pour tous.  

Des débats interactifs auront lieu les deux premières semaines avec les experts (rapporteurs spéciaux, experts indépendants et groupes de travail) que le Conseil a chargés de divers mandats portant sur les thèmes suivants: les migrants; l’extrême pauvreté; le droit à la santé; la traite des êtres humains; l’indépendance des juges et des avocats; la solidarité internationale; les sociétés transnationales; la liberté d’opinion et d’expression; le droit à l’éducation; le droit de réunion pacifique et la liberté d’association; la violence à l’égard des femmes et la discrimination à l’égard des femmes; les droits des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays; les exécutions extrajudiciaires.   

Les deux derniers jours de sa session, le 30 juin et 1er juillet, le Conseil se prononcera sur les projets de décision et de résolution qui lui seront soumis.  Avant de clore les travaux, le Président, l’Ambassadeur Choi, nommera cinq nouveaux experts titulaires des mandats suivants: Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires; Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction; Rapporteur spécial sur le droit à l’éducation; et Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée.  Il nommera également un membre du Groupe de travail sur la question des droits de l’homme et des entreprises transnationales.

Après dix ans de réalisations, l’ancien président du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, l’Ambassadeur d’Allemagne, Joachim Rücker, « souhaite voir le Conseil des droits de l’Homme évoluer, croître, se renforcer et influer sur l’ensemble du système des Nations Unies ». Il fait partie de ceux qui considèrent que le Conseil devrait être repositionné en l’élevant au rang d’organe principal de l’ONU. D’après lui, cette mesure permettrait d’intégrer les droits humains à l’ensemble des activités de l’ONU.