Le Global Studies Institute lance son programme sur la sécurité globale et la résolution des conflits

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L’institut rattaché à l’Université de Genève présente aujourd’hui son Certificat et Master d’études avancées sur ces thématiques cruciales dans le cadre de la gouvernance mondiale et la gestion de crise. La Cité a rencontré Alexandre Vautravers, responsable de ce programme.

 

Luisa Ballin

17 octobre 2017 — Il est le seul programme de Master universitaire en Suisse, en français, destiné aux professionnels de la politique de sécurité. Il vise également celles et ceux qui aspirent à travailler dans cette branche.

Ce matin, le Global Studies lnstitute annonce la création d’un Certificat et d’un Master d’études avancées en sécurité globale et résolution des conflits. «Les deux cycles permettront d’aborder et de renforcer la coopération et l’interopérabilité entre tous les acteurs de la sécurité sur le plan suisse et international», explique Alexandre Vautravers, expert au Global Studies Institute, mais également rédacteur en chef de la Revue militaire suisse.

Organisé en collaboration avec le Département de la sécurité et de l’économie et la Formation supérieure des cadres de l’armée, ce programme place Genève au cœur de l’étude de la gestion de crise. Il débute en janvier 2018 et le recrutement est ouvert à partir d’aujourd’hui. «Le Certificat est divisé en trois fois une semaine entre janvier et avril 2018. Celles et ceux qui souhaitent poursuivre leurs études en suivant le Master devront ajouter six fois une semaine, réparties tout au long de l’année 2018», détaille le responsable du programme.

«Nous abordons les trois premières semaines l’histoire et l’évolution des conflits, la stratégie et la géopolitique. Un deuxième bloc de trois fois une semaine concerne le maintien de la paix, le droit international, le désarmement et le déminage humanitaire. Le troisième volet concerne la gestion des crises essentiellement en Suisse, le Réseau national de sécurité, la protection de la population, les engagements de la police et de l’armée

Analyser les conflits est une clé primordiale pour éviter les erreurs commises, analyse Alexandre Vautravers. La guerre qui a démembré la Bosnie-Herzégovine représente peut-être l’exemple le plus pertinent. Pour rappel, ce pays multiculturel avant son éclatement en 1992 a été meurtri et ravagé par les coups de canons des milices serbes emmenées par Radovan Karadzic et le général Ratko Mladic, aujourd’hui emprisonnés à La Haye et accusés de crimes de guerre, contre l’humanité et de génocide.

Alexandre Vautravers. © DR

Alexandre Vautravers. © DR

La Bosnie-Herzégovine, Alexandre Vautravers la connaît bien pour y avoir œuvré. «Nombre de décisions ont plutôt prolongé ce conflit qu’aidé à le résoudre», estime l’expert suisse. Si les Accords de Dayton, signés à Paris le 14 décembre 1995, ont mis fin à la guerre, ils n’ont pas fait honneur à la justice.

«En Bosnie-Herzégovine, 75% des morts de ce conflit et 75% des gains territoriaux se sont produits les trois premiers mois de la guerre. Beaucoup de changements et peu de réaction de la communauté internationale, qui est intervenue au moment où le fait était accompli», poursuit-il, en ajoutant un élément souvent passé sous silence: «La communauté internationale ne défend pas toujours les intérêts des gens sur place. Elle défend parfois une notion supérieure du droit et de la justice, qui est de dire: On ne peut pas permettre la victoire de l’agresseur. Car si on laisse l’agresseur gagner en Bosnie-Herzégovine, un effet domino se répandra comme une trainée de poudre dans d’autres États dont les dirigeants estimeront que s’ils prennent un peu de territoire, la communauté internationale va simplement enregistrer que la frontière a bougé

Et Alexandre Vautravers de constater que «les conflits se résument souvent à une question d’ego, ce qui n’est pas acceptable», nombre de problématiques pouvant être résolues en amont avec des solutions. «Pourquoi avons-nous aujourd’hui quatre fois plus de conflits qu’il y a trente ou quarante ans?», se demande-t-il: «Pourquoi la communauté internationale et son bras diplomatique l’ONU est-elle incapable de mettre fin à quarante-cinq conflits à travers le monde? Il faut encourager les gens à se rencontrer, à s’exprimer, à sortir les arguments et à en tirer des enseignements. C’est ce que permet Genève, capitale de la diplomatie humanitaire

Le programme du Global Studies Institute aborde aussi les crises actuelles, telle la menace terroriste qui touche des pays jusqu'à il n'y a pas longtemps considérés à l'abri. «Genève est un excellent exemple pour analyser qui doit gérer une situation de crise», souligne Alexandre Vautravers, faisant allusion à l’alerte qui, en décembre 2016, a mis en émoi la population genevoise. «Qui donc doit gérer la crise, la ville ou le canton? Et s’il s’agit de terrorisme, qui du canton ou de la Confédération doit agir? Sans parler de la sécurité liée à l’organisation, d’une conférence internationale dont les sites sont répartis sur plusieurs cantons et plusieurs États.» Autant de questions auxquelles le programme du Global Studies Institute peut apporter des réponses.

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