Plus d’un million de réfugiés à réinstaller d’ici 2017

© UNHCR

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La multitude de conflits et de crises génère des déplacements de populations sans précédent à travers le monde. De ce fait, le HCR estime, qu’en 2017, plus d’un million de personnes auront besoin d’une réinstallation car elles ne peuvent pas rentrer dans leur pays d’origine ni s’intégrer dans les pays hôtes, et ce pour plusieurs raisons. Actuellement, le nombre de demandes de réinstallation dépasse de loin les possibilités de placement. Cette situation entraîne déjà une forte inquiétude pour l’année à venir.

Publié le 13 juin 2016


Par Catherine Fiankan-Bokonga

À l’occasion du premier jour des consultations tripartites annuelles pour la réinstallation, rassemblant des représentants du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), des ONG et des pays de réinstallation, l’agence des Nations Unies chargée des réfugiés a publié le rapport sur la Projection des besoins pour la réinstallation en 2017. Co-présidé, en partenariat avec le HCR, par le gouvernement néerlandais et le Conseil néerlandais pour les réfugiés, c’est la conférence multilatérale la plus importante pour faire avancer l’ordre du jour en termes de réinstallation des réfugiés et des communautés d’accueil.

Selon ce rapport sur la projection des besoins pour la réinstallation, les dossiers de candidature de plus d’un million de réfugiés ont été soumis à plus de trente pays de réinstallation cette dernière décennie. Malgré l’augmentation des quotas dans certains pays, la capacité mondiale de réinstallation est actuellement inférieure à la demande. En 2017, selon les experts, 1,1 million de personnes auront besoin d’être réinstallées dans un pays tiers, ce qui représente une hausse de 72% par rapport à la projection de 2014 qui évaluait des besoins pour 691.000 réfugiés.

En réponse à cette problématique, le HCR prévoit de soumettre les dossiers de candidature de 170.000 réfugiés l’année prochaine, sur la base des contingents globaux annoncés par les États de réinstallation. Pour 2016 l’objectif a été fixé au nombre de 143.000 personnes alors qu’il se situait à plus de 100.000 en 2014 et 2015.

En 2017, les réfugiés syriens devraient représenter 40% des personnes nécessitant une réinstallation. Ils seront suivis par les ressortissants du Soudan (11%), de l’Afghanistan (10%) et de la République démocratique du Congo (9%). En 2015, la RDC (20.527), l’Iraq (11.161), la Somalie (10.193), le Myanmar (9.738) et la Syrie composaient près 80% des demandes.

Le rapport sur la Projection des besoins pour la réinstallation en 2017 souligne que 2015 a été une année record pour les soumissions de candidatures à une réinstallation. En effet, 134.044 dossiers ont été déposés, soit une hausse de 29% par rapport à 103.890 candidatures enregistrées en 2014. En 2015, les États-Unis ont accepté 82.491 demandes de réinstallation soumises par le HCR, soit 62% de toutes les demandes, suivis par le Canada (22.886), l’Australie (9321), la Norvège (3.806) et le Royaume-Uni (3.622).

Le pays de réinstallation accorde une protection juridique et physique au réfugié, notamment l’accès aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels dans des conditions d’égalité avec les nationaux. A terme, cela devrait permettre aux réfugiés de devenir des citoyens naturalisés.

Au total, quelque 53.331 dossiers de candidature provenaient des opérations du HCR dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, soit une hausse de 130% depuis 2014 et environ 40% du total au niveau mondial. Les bureaux du HCR en Europe ont enregistré le plus grand nombre de demandes depuis le début de cette décennie avec 18.833 dossiers, principalement depuis la Turquie.

Pour faire face à la croissance des besoins, le HCR se concentre sur d’autres voies légales pour permettre la réinstallation. Lors d’une conférence de haut niveau à Genève en mars dernier, le HCR a appelé les pays à travers le monde à admettre des réfugiés via la réinstallation pour 10% des réfugiés syriens, soit 480.000 personnes. Les autres solutions durables envisagées sont les visas pour motif humanitaire, le regroupement familial et les bourses d’étude, qui pourraient aider à combler les lacunes en termes de besoins.

Parmi les 10,5 millions de réfugiés relevant de la compétence du HCR dans le monde, seul 1% fait l’objet d’une demande de réinstallation par l’agence. Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a déclaré «qu’une réinstallation accrue pourrait être un moyen efficace de partager la responsabilité en termes de protection des réfugiés ».