La nutrition des bébés par lait maternel pourrait sauver plus de 20000 enfants par an

Publié le 9 mai 2016


Par Catherine Fiankan-Bokonga

Des organisations du système de l’ONU viennent de publier un rapport sur les lois protégeant et encourageant la nutrition des bébés par lait maternel. Dans le monde, près de deux nourrissons sur trois ne sont pas allaités exclusivement au sein pendant les six mois recommandés. Il constate qu’un grand nombre de pays pauvres possèdent un Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, contrairement aux pays riches. Une augmentation du nombre de bébés exclusivement nourris durant six mois par le lait maternel permettrait de sauver de nombreuses vies, mais l’expansion du marché de substituts, rapportant des milliards de dollars, menace cette démarche.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’UNICEF et le Réseau international des groupes d'action pour l'alimentation infantile (IBFAN) se sont associés pour publier un rapport faisant le point sur les législations qui soutiennent la promotion de l’allaitement et règlementent la commercialisation des substituts du lait maternel. Sur 194 pays analysés, 135 respectent en partie le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Au total, seulement 39 pays disposent de lois conformes à l'ensemble du Code interdisant les pratiques commerciales irrégulières sur les substituts de lait maternel, les biberons et les tétines.

L’OMS et l’UNICEF recommandent pour les bébés une alimentation exclusivement au sein pendant leurs six premiers mois de vie. Passée cette période, allaitement et consommation d’autres aliments nutritionnellement adaptés devraient être pratiqués jusqu’à l’âge de deux ans ou plus. Les deux organisations ont récemment mis en place un Réseau de surveillance et d’appui pour l’application du Code (NetCode). Elles souhaitent ainsi renforcer les capacités des pays et de la société civile.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les pays pauvres sont plus enclins à mettre en place une politique permettant d’encourager l’allaitement maternel. Ainsi plus d'un tiers des États asiatiques appliquent-ils toutes les recommandations du Code (36%), devant l'Afrique (30%). Le continent américain (23%) et le Pacifique occidental (15%) font mieux que les pays de la région européenne (6%).

À l’heure où la vente de substituts de lait maternel est en pleine expansion, il est souligné que la pratique quasi-universelle de l’allaitement pourrait sauver, chaque année, plus de 20000 enfants âgés de moins de cinq ans et 20 000 femmes. Ce marché mondial est actuellement estimé à près de 45 milliards de dollars par an. Une augmentation de plus de 55 % est prévue d’ici 2019 ce qui rapporterait 70 milliards de dollars.

D’ici 2025, les États membres de l’OMS se sont engagés à faire passer le taux d’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie à au moins 50% des pratiques dans le monde. Cela réduirait de façon importante pour les familles et les gouvernements les dépenses, estimées à 300 000 millions, entraînées par le traitement des maladies infantiles comme la pneumonie, la diarrhée et l’asthme.