L’ONU chiffre à 26 milliards de dollars la chance historique d’en finir avec le Sida

© UNICEF / Archives

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Selon un rapport de l’ONU, si des investissements financiers importants ne sont pas effectués dans les cinq années à venir, l’épidémie du Sida pourrait se prolonger indéfiniment. Un peu plus de 26 milliards de dollars doivent être investis pour qu’elle disparaisse d’ici 2030, conformément aux objectifs fixés par les Nations Unies.

Publié le 7 mai 2016


Par Catherine Fiankan-Bokonga

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, publie aujourd’hui un nouveau rapport intitulé On the Fast-Track to end the AIDS epidemic (Le point sur le programme accéléré pour mettre un terme à l’épidémie de Sida). Ce document constate «l’extraordinaire accélération des progrès accomplis ces dernières quinze années», mais il souligne le risque de prolongation de l’épidémie si tous les partenaires ne concentrent pas leurs efforts sur l’accroissement des investissements. En effet, pour mettre fin à l’épidémie du Sida d’ici 2030, conformément aux Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par pays membres en septembre 2015, quelque 26 milliards de dollars doivent être investis dans les quatre années à venir.

Les progrès dans la lutte ont surtout été positifs depuis 2011, époque à laquelle la Déclaration politique des Nations Unies a fixé des objectifs à atteindre. D’après le rapport de Ban Ki-moon, 15 millions de personnes ont eu accès à la thérapie anti-rétrovirale, ce qui permet d’accroître l’espérance de vie des malades. Autre constat, depuis le pic de 2004, le nombre de décès a baissé de 42%. Le rôle de la société civile et des personnes atteintes par le VIH ont été cruciaux pour parvenir à la situation actuelle.

Le rapport rappelle également qu’une des grandes victoires consiste en la réduction de nouvelles infections chez les enfants. Entre 2009 et 2014, les infections ont été réduites de moitié dans les pays où 90% des femmes enceintes vivaient avec le SIDA.

Mais le chef de l’ONU notamment aussi l’attention sur les régions où la courbe du nombre des infections est toujours ascendante. En Europe de l’Est et en Asie centrale, entre 2000 et 2014 on constate une augmentation de 30% des infections surtout parmi les personnes qui s’injectent des drogues. Le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et la région Asie-Pacifique sont dans la même catégorie.

Environ 22 millions de personnes n'ont toujours pas accès aux traitements et la moitié des personnes vivant avec le VIH n’ont pas connaissance de leur séropositivité. Ceci souligne, selon le rapport, l’urgence de la mise en place d’un accès au test du VIH, particulièrement pour les personnes exposées au risque d’infection.