L’ONU: 70 ans de vicissitudes et une «renaissance»

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Samedi 24 octobre, le Palais des Nations ouvre ses portes au public pour célébrer le 70e anniversaire de l’ONU. Rebirth (Renaissance), sculpture de l’artiste italien Michelangelo Pistoletto, sera inaugurée dans le parc de l’Ariana.

Publié le 14 octobre 2015


Par Luisa Ballin

À quoi sert l’ONU? se demandent de nombreux citoyens. À tenter de maintenir la paix dans un monde ravagé par les guerres, aurait certainement répondu Sergio Vieira de Mello, charismatique haut fonctionnaire onusien mort au service de cette noble cause à Bagdad, en 2003. Et, à travers ses agences spécialisées, à venir en aide aux réfugiés, à œuvrer pour le respect des droits de la personne et la protection de l’enfance maltraitée notamment.

Le public aura l’occasion de découvrir les activités des agences onusiennes, samedi 24 octobre, lorsque le Palais des Nations ouvrira ses portes au public pour célébrer le 70e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies née à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. L’art figurera également en bonne place lors de cette journée de commémoration voulue par Michael Møller, le directeur général de l’ONU de Genève (ici l’entretien qu’il a accordé en 2014 à La Cité).

Outre les visites guidées des plus beaux espaces du Palais des Nations, comme la Salle des Assemblées, la Bibliothèque des Nations Unies et la Salle des droits de l’Homme et de l’alliance des civilisation, avec son impressionnante coupole imaginée par l’artiste espagnol Miquel Barceló, les visiteurs pourront découvrir l’œuvre originale du peintre et sculpteur italien Michelangelo Pistoletto, don de la Mission d’Italie à l’ONU, qui sera inaugurée pour l’occasion à midi, dans le parc de l’Ariana. La sculpture Rebirth (Renaissance) est composée de 193 pierres représentants les États membres actuels de l’ONU.

«J’ai choisi la pierre, parce qu’elle est durable. C’est une trace. La fin d’un parcours de vie. Nous sommes des êtres vivants, des animaux et un jour nous serons des pierres. Cet ensemble de pierres a été installé dans ce parc pour reprendre vitalité à travers l’art, à travers la conscience sociale et politique», explique Michalangelo Pistoletto à La Cité. L’artiste détaille le choix des pierres. «Chaque pays possède une pierre spécifique. Des pierres d’identité de couleur différente pour chaque État. En hommage à la différence. Car il faut aimer les différences.»

L’artiste Michelangelo Pistoletto vu par © Jean-Marc Ferré / UN Photo / 2015

L’artiste Michelangelo Pistoletto vu par © Jean-Marc Ferré / UN Photo / 2015

Les pierres identitaires de Michelangelo Pistoletto sont disposées l’une à côté de l’autre dans un «souci d’harmonie et non comme des petits soldats», souligne-t-il. Des couleurs et un mouvement, pour symboliser «la danse de l’ONU». Car pour le sculpteur italien, Rebirth veut «redonner vie non seulement à l’ONU, mais à la société. Et l’ONU est le système le plus adapté pour le faire».

Rebirth se décline en trois cercles. Qui font référence non pas au paradis, au purgatoire et à l’enfer, mais à l’infini. «Trois cercles de vie. Grâce à la mathématique de l’infini, qui fait qu’une ligne se croise deux fois. Elle forme deux cercles, mais l’infini ne permet pas de nous reconnaître dans le sens de la durée de la vie. J’ai voulu croiser deux fois la ligne pour créer un troisième cercle au centre de l’infini. Qui est précisément la durée de la vie», souligne le maestro Pistoletto.

Cercle de vie. Prélude à la mort. Retour vers l’infini. Puisque l’infini existe avant et après la vie. «Sans oublier l’infini dans la vie», déclare Michelangelo Pistoletto, artiste né à Biella en 1933, figure incontournable du mouvement dit de l’arte povera, qui a également créé la Cittadellarte (Citadelle de l’art), une fondation privée qui met l’art en relation avec toutes les secteurs de la vie sociale.


Nations Unies. Journée Portes Ouvertes. «J’ai 70 ans.» Expositions, concerts, ballet, visites guidées, activités pour les enfants. Programme complet sur le site www.unog.ch/portesouvertes