«L’État islamique» est-il un pion utilisé par les États-Unis?

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En Afghanistan et au Kosovo, le Pentagone s’est servi des mouvements djihadistes à des fins politiques. L’histoire secrète de cette «collaboration» éclaire les zones d’ombre autour de la soudaine apparition de l’«État islamique».

L’émergence d’un État islamique (EI), Islamic State in Iraq and Syria (ISIS), en juillet dernier a pris plus d’un observateur de court, formalisant la rupture entre la branche syrienne originelle des djihadistes d’Al-Nosra et la mouvance sunnite irakienne.Divergences passagères ou crise de gouvernance, cette étape s’accompagne de changements politiques significatifs avec le départ du premier ministre chiite Nuri Al-Maliki à la tête du gouvernement irakien.

Si l’on veut comprendre la conjonction de ces deux fronts, auquel s’ajoute l’offensive d’Israël à Gaza, il faut s’intéresser au processus par lequel Al Qaeda et l’État Islamique comme l’un de ses affiliés les plus radicalisé, servent d’instrument dans un effort de redéfinition de la donne politique régionale. La dislocation des États de l’ancienne Union des États Arabes unis (UAR), Égypte et Syrie, de l’Irak et de la Jordanie, a consacré le développement des mouvances djihadistes encouragées par le vide du pouvoir, né de la guerre elle-même 1. Ce chaos «maîtrisé» est conforme aux stratégies antérieures esquissées depuis la première guerre du Golfe en janvier 1991 par les faucons et néoconservateurs et leurs alliés régionaux à commencer par Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Jordanie 2. Comment comprendre qu’après avoir soutenu les djihadistes contre le régime de Bachar el-Assad en Syrie, ceux-ci soient bombardés en Irak? Faut-il y voir une stratégie déterminée ou au contraire son absence complète? Dans un cas comme dans l’autre cela semble profiter aux partisans d’une grande révolution en cours au Moyen-Orient, et dont l’issue reste incertaine.

CARREFOUR VERS L’ASIE

Rappelons qu’Al Qaeda est né en tant que mouvement djihadiste, alors que se fédéraient les forces de militantes contre l’occupation soviétique en Afghanistan dès 1979 3. Au début de la décennie précédente, l’organisme de coordination des plans militaires Operation Coordination Board (OCB) disait la nécessité de s’interposer dans le coeur de l’Asie, selon l’ancienne interprétation de la géopolitique britannique 4, face à toute progression soviétique, assurant ce carrefour vers l’Asie tout en sécurisant ses ressources pour l’Occident 5.

[aesop_image imgwidth="1330px" img="http://lacite.website/main/wp-content/uploads/2015/08/6849815.jpg" offset="-370px" align="left" lightbox="off" caption="Né en 1979 en tant que mouvement djihadiste, Al Qaeda était devenu, après septembre 2001, la figure de proue de l’islamisme radical globalisé. © Romeo Gacad / Keystone / EPA-AFP photo / Tora Bora, Afghanistan / 11 décembre 2011" captionposition="left"]

Sous Ronald Reagan (1981-1988) les États- Unis soutenaient le Front national islamique en Afghanistan, alors que le Committee for a Free Afghanistan (CFA), mené par un ancien major de l’armée Karen McKay, rapportait les exploits des moujahideens, du Brigadier Rahmatullah Safi et Sayed Mohammad Gailani 6. Ces talibans étaient reçus dans le bureau ovale: «Des combattants de la liberté, disait Reagan, et des hommes qui se battent pour leur propre pays, ne voulant pas devenir un État satellite de l’Union soviétique, intervenue pour imposer un gouvernement sans tenir compte du sentiment des Afghans. 7» Le rapport du CFA de février 1990 ajoutait: «La réussite du Jihad, la guerre menée par les moujahideens pour débarrasser leur pays de la domination communiste dépend de leur capacité et de la nôtre à convaincre le monde libre de soutenir leur cause. 8» Le président américain était allé jusqu’à dédier une navette spatiale au «peuple héroïque d’Afghanistan» ce jour du 21 mars 1982. La femme du vice-président Bush se prêtait au jeu des réceptions mondaines, attirant le gotha de Washington, pour des oeuvres de charité destinées aux réfugiés afghans 9.

Après le 11 septembre 2001, et pendant une décade, personne n’est parvenu à établir la nature des réseaux de financement et les liens entretenus entre Washington et ses alliés, dont Al Qaeda comme nouvelle figure de proue de l’islamisme radical globalisé. Le professeur Richard J. Aldrich de l’Université de Nottingham exposait pour la première fois, sur la base d’une étude hollandaise, les liens accablant entre le Pentagone et l’islamisme radical durant la guerre du Kosovo. Il levait le voile sur les soutiens américains à Al Qaeda en Bosnie avec le concours du Mossad et des services secrets ukrainien et grec10.

La menace était entretenue pendant une décennie pour justifier cet incomparable déploiement militaire et sécuritaire des États-Unis. Cependant que les Syriens, après l’Irak, la Lybie et l’Égypte commençaient à suspecter le double jeu de Washington. Lors d’une réunion tenue le 18 février 2010 entre et le vice ministre des affaires étrangères syrien, Faisal al-Miqdad et la délégation américaine menée par Daniel Benjamin, en présence du directeur général du renseignement syrien le général Ali Mamlouk, Miqdad faisait savoir que la position américaine était paradoxale en demandant d’un côté l’aide du gouvernement syrien pour la lutte contre les terroristes, tout en plaçant ce même État sur la liste noirs des États les supportant 11.

RÉGÉNÉRATION TERRORISTE

L’exécution de Ben Laden, le 2 mai 2011, allait précipiter la mue de cet islamisme, déjà radicalisé par les effets de l’occupation et de la guerre civile. Les «printemps arabes» pour la plupart pacifiques démontraient les lacunes de la représentation médiatique occidentale en même temps que l’échec politique des fondamentalistes, en faveur d’un islam au visage modéré. On ne reconnut pas ainsi les résultats de l’élection régulière et démocratique faisant des frères musulmans les vainqueurs en Égypte. On lui préférait le général Al-Sissi, ancien officier de Moubarak formé dans les meilleures académies militaires du Maryland U.S. Se profilait la théorie des métastases du cancer islamiste au profit d’«affiliés» et la résurrection d’Al Qaeda dans l’appel à un État islamique.

En avril 2013, al-Baghdadi annonçait la fusion de son groupe djihadiste avec le front Al-Nosra dirigé par Aymane Al-Zawahiri en Syrie, créant cette entité connue sous le nom de l’État islamique en Irak et au Levant, peu avant que ces deux groupes ne se partitionnent, donnant à l’État islamique mené par al-Baghdadi un socle plus irakien d’obédience sunnite 12. C’est en mai de la même année, après des accusations d’emploi d’armes chimiques pointées dans la direction des djihadistes que le congressiste John McCain venait s’entretenir avec ses membres affublés pour la cause du titre d’«Armée syrienne libre», composée de fait des guerriers d’al-Nosra, base de l’État islamique en devenir 13.

Le secrétaire d’état John Kerry explique devant la commission des affaires extérieures du sénat étasunien la stratégie du gouvernement pour lutter contre l’«état islamique». © Scott Applewhite / Keystone / AP Photo / Washington, 17 septembre 2014
Le secrétaire d’état John Kerry explique devant la commission des affaires extérieures du sénat étasunien la stratégie du gouvernement pour lutter contre l’«état islamique». © Scott Applewhite / Keystone / AP Photo / Washington, 17 septembre 2014

Ceux qui se sont intéressés au parcours d’Abou Bakr al-Baghdadi, tout nouveau leader de l’EI, ont souligné qu’il devait sa position aux États-Unis car, selon un officiel du pentagone (témoignant sous couvert d’anonymat): «Il (al-Baghdadi) était un voyou de la rue quand nous l’avons attrapé en 2004»; après cinq années passées dans les camps américains de détention, tout comme nombres des futurs recrues des milices de l’EI, la prise des armes semblait une voie naturelle ou pour le moins compréhensible 14. Ainsi, c’est la nature même de cette régénération qui pose problème, alors que républicains et démocrates s’affrontent au Congrès sur la politique à suivre et que le président Barack Obama est mis en garde de toutes parts, poussé à frapper la Syrie, après avoir fait bombarder l’EI en Irak 15.

D’OÙ VIENT L’ARGENT?

Ce malaise s’accroît si l’on considère les moyens et la logistique dont dispose l’EI qui, contrairement à ce que laisse entendre certain médias et spécialistes, peut difficilement être vu comme le fruit de ses conquêtes ou de quelque impôt extraordinaire 16. Une telle manne financière estimée à deux milliards de dollars ne peut venir que de sources extérieures 17.

Ce sont ces fonds qui permettent à l’EI de mettre en oeuvre des moyens technologiques propres à la guerre de l’information ou infowar, qui fait d’elle une sorte d’entreprise de jihad online version 3.0., diffusant affiches, films, publicités, clips internet, utilisant Instagram et Whatsapp pour diffuser ses messages, tout ceci appuyé par des données chiffrées et des statistiques. Communication de dernière génération donc, doublée d’un magazine couleur en anglais Dabiq18. Dans le camp occidental, les sources d’information disponibles sur le mouvement semblent aussi fort limitées. Nombre d’analyses sur le mouvement proviennent du Middle East Forum sous la plume de Aymenn Jawad Al-Tamimi. Une plateforme dont la mission est de promouvoir les intérêts américains au Moyen-Orient et de protéger les valeurs de l’Occident 19.

La question du fonctionnement d’un triangle États-Unis, Pakistan, Arabie Saoudite pour l’entretien du jihadisme a été soulevée par un nombre restreint d’érudits: c’est le cas du professeur William O. Beeman, directeur des études sur le Moyen Orient à la Brown University 20. D’autres ont apporté des preuves de l’entrainement des recrues de l’EI dans des camps jordaniens, sous la supervision d’agents de sécurité privés 21. Des sources indépendantes ont confirmé ce fait lié au financement de l’armement prenant sa source en Arabie Saoudite et au Qatar 22.

Sheikh Nabeel Naim, fondateur du mouvement jihadist égyptien et ancien membre d’Al Qaeda était tout comme Ben Laden et Ayman al-Zawahiri, qu’il a connus, un «asset» de la CIA. Nabeel Naim confirme que, selon lui, les États-Unis continuent d’exploiter les mouvements djiadistes à des fins politiques. Rappelons que Sheik Omar Abdel-Rahman, auteur des attaques contre le World Trade Center en 1993, était lui aussi un de ces «asset» de la CIA (depuis 1986), ce qui pourrait aussi bien être le cas, et cela reste une hypothèse à vérifier, le cas d’Abou Bakr al-Baghdadi, ce que prétend Sheikh Nabeel Naim.

ENTRETENIR LA MENACE

Edward Snowden allègue l’existence d’un plan Beehive ou «nid d’oiseau» par les services américains, britanniques et israéliens, destiné à entretenir ces djihadistes. Ce plan, démenti par le magazine Time23, fait échos au financement et à l’encouragement de manière cachée de projets d’attentats par le Federal Bureau of Investigation (FBI), permettant d’entretenir artificiellement le sens de la menace sur sol américain 24, afin de faire accepter la thèse d’une «radicalisation» islamiste. Les programmes et ressources affectés au contre-terrorisme échappent dorénavant à tout contrôle 25. Il est devenu impossible, au vu du degré de compartimentation de ces projets, de savoir s’ils sont affectés à la défense contre des attaques terroristes ou, au contraire, sont responsables de les encourager 26.

epa04361861 US Army Gen. Martin Dempsey, chairman of the Joint Chiefs of Staff, speaks about 'Commitment to Service' news conference at Madison Square Garden in New York, USA, 20 August 2014. 'Commitment to Service' is a collaboration between the NBA, USA Basketball and the US Department of Defense. EPA/JASON SZENES CORBIS OUT
epa04361861 US Army Gen. Martin Dempsey, chairman of the Joint Chiefs of Staff, speaks about 'Commitment to Service' news conference at Madison Square Garden in New York, USA, 20 August 2014. 'Commitment to Service' is a collaboration between the NBA, USA Basketball and the US Department of Defense. EPA/JASON SZENES CORBIS OUT

La décapitation de journalistes américains et d’un ressortissant britannique, perçus comme des actes ultimes de la barbarie, semblent porter le discrédit sur ceux qui postulent une instrumentalisation de ces mouvements radicaux 27. On soulignera que les circonstances de ces meurtres, diffusés de manière virale sur les média sociaux, demeurent encore obscures en dépit de leur charge émotionnelle 28. Car en fait, c’est aussi le statut des journalistes qui est en danger depuis le début de cette guerre d’Irak en 2002 29. Le journalisme a payé un lourd tribut, la seule année 2012 comptait 36 journalistes tués en Syrie 30. Les exécutions de ces otages auront pour effet paradoxal de faciliter les efforts en cours visant à rassembler une coalition armée autour des États-Unis et de la Grande Bretagne pour frapper les djihadistes où qu’ils se trouvent 31.

Dans le sillage du sommet de l’OTAN tenu à Newport (Pays de Galles) les 4 et 5 septembre derniers, un ensemble de voix appelait à agir avec fermeté et à mener des frappes aériennes contre l’État islamique en Syrie et non plus seulement en Irak. Les dirigeants des comités d’Intelligence du Sénat et de la Chambre des représentants, en la personne de Mike Rogers et Dianne Feinstein, gagnaient le droit de recours à la force armée, ce qu’ils n’avaient pas obtenu en mai 2013 suite aux présomptions d’utilisation de l’arme chimique par le régime de Bachar al Assad. Barack Obama s’est présenté devant les caméras, solennel, annonçant l’extension du conflit contre les terroristes, la veille de l’anniversaire du 11 septembre 2001, quand l’Amérique entière s’apprêtait à rentrer en commémoration 32.

Les récits et les interprétations qui se contredisent et se télescopent contribuent au sentiment de confusion et sert la conduite des opérations dans ce «brouillard de guerre» (Fog of War). Celles-ci font de plus prendre la mesure du hiatus existant entre la conduite militaire et la façade diplomatique, occultant aux yeux du public les mécanismes et les ressors du conflit. Dans ses communications médiatiques, l’EI n’avait pas formulé, jusqu’à récemment, de menaces explicites contre les États- Unis ou Israël, mais promettait en revanche de libérer la région du Caucase 33. Professeur à la prestigieuse London School of Economics, Fawaz A. Gerges émet l’hypothèse, discutable, que l’EI serait trop «occupée» à se concentrer sur l’ennemi proche pour frapper à l’extérieur 34. Le départ de al-Maliki ouvre la voie à Massoud Barzani qui fait figure de nouveau chef d’État 35. Sept jours plus tôt, les États-Unis commencent à bombarder les positions djihadistes afin de garantir l’intégrité de la région habitée par les Kurdes.

Washington et le Pentagone se débarrasseront- t-ils du jihadisme après s’en être servi pour provoquer la chute des régimes honnis? C’est le même congressiste Dana T. Rohrbacher (ancien assistant spécial de Ronald Reagan, membre du comité des affaires internationales de la Chambre) qui témoignait en avril 1999 devant le Congrès du soutien américain aux forces talibanes, qui appelle maintenant à redéfinir les «frontières de l’Iraq» en réponse à la présence de l’État islamique!

FILE - This April 30, 2008 file photo shows then-CIA Director General Michael Hayden speaking at Kansas State University in Manhattan, Kansas. Leading Democrats are criticizing Hayden who suggested the Senate’s hotly contested torture report is motivated by Senate Intelligence Committee Chair Sen. Dianne Feinstein’s “emotional feeling” and not a desire for objectivity. (AP Photo/Chuck France, File)
FILE - This April 30, 2008 file photo shows then-CIA Director General Michael Hayden speaking at Kansas State University in Manhattan, Kansas. Leading Democrats are criticizing Hayden who suggested the Senate’s hotly contested torture report is motivated by Senate Intelligence Committee Chair Sen. Dianne Feinstein’s “emotional feeling” and not a desire for objectivity. (AP Photo/Chuck France, File)

L’EI semble ainsi, comme l’était Al Qaeda, non pas un ennemi en tant que tel, mais un atout servant la politique américaine et celle de ses alliés sur le long terme et permettant de redéfinir les frontières à moindre coût. En dépit de l’image de hordes de barbares donnée par les médias, et ce malgré leur nombre limité (3000 hommes, selon les estimations), l’EI jouera alors un rôle plus restreint quand il s’agira de régler les conséquences politiques de ces bouleversements. La Russie, occupée par sa crise ukrainienne, pourrait être forcée de lâcher son alliée syrien plutôt que d’engager un deuxième front coûteux.

Les chiites et leur parrain, l’Iran, se retrouvent d’ore et déjà isolés et il est probable qu’ils soient enfin forcés d’accepter les termes de la nouvelle donne plutôt que de rentrer dans une alliance avec Washington présentée comme une option encore récemment. Les mises en garde contre la menace djihadiste avaient été relayées la quinzaine précédente par le roi Abdallah d’Arabie Saoudite en personne, qui avertissait l’Occident, et l’Europe en particulier, qu’ils étaient les prochaines cibles des djihadistes.

L’importance du facteur religieux qui occupe le devant de la scène apparaît secondaire quand on considère la longue durée. Il sert à masquer la stratégie politique en la rendant moins lisible. Les opérations d’information destinées à influencer les audiences et les opinions étrangères sont les nouveaux champs de bataille, pour lesquelles le théâtre d’opération ne connaît aucune limite dès lors qu’il se déroule au niveau des représentations. La confusion peut, tout comme le recours à la violence, continuer sans entraves dans la conduite d’une guerre sans fin.


Jérôme Gygax est chercheur associé à la fondation Pierre du Bois.

Paru dernièrement: Jérôme Gygax et Nancy Snow, «9/11 and the advent of Total Diplomacy: Strategic Communication as a Primary Weapon of War» in Journal of 9/11 Studies, Vol.38, July 2013.

1. Selon l’interprétation Clausewitzienne, la guerre et le concept de violence qui lui est associé est dialectique et engendre le conflit autant qu’il en dérive.

2. La vision géopolitique pour la région est articulée dans le document du Département de la défense U.S. Defense Planning Guidance (DPG) 1992.

3. Documents originaux sur les National Security Archive http://www2.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB55/ciaubl.pdf

4. Approche dessinée par Halford J. Mckinder, The Geographical Pivot of History, 1904 selon qui celui qui contrôle le centre du continent Eurasiatique contrôle le monde.

5. Voir l’inspection report de Lawrence E. Norrie, USIS/ UAR, 15 décembre 1960, Record of the United States Information Agency, RG 306, box 9, National Archives, College Park, Washington D.C. pp.11-12.

6. Karen McKay, «CFA Works to Stop Holocaust in Afghanistan » in Free Afghanistan Report, n° 9, déc. 1985. 214 Massaschussets Ave., N.E., Washington, D.C.

7. ABC News Interview, 9 mars 1981.

8. «What’s Ahead for CFA in 1990» in the Free Afghanistan Report, CFA, February 1990, p.4.

9. La rencontre au bureau ovale eut lieu le 16 février 1983. La réunion avec Barbara Bush, environ deux ans plus tard, le lundi 9 décembre 1985 au Marriott Hotel de Washington, rapporté dans le Washingtom Post du 3 décembre 1985.

10. Enquête officielle sur le massacre de Srebrenica 1995, «Intelligence and the War in Bosnia, 1992-1995» par le Prof Cees Wiebes, Amsterdam University; lire Richard J. Aldrich, «America used Islamists to arm the Bosnian Muslims » in The Guardian, 22 avril 2002, http://www.theguardian.com/world/2002/apr/22/warcrimes.comment

11. Document Wikileaks, https://wikileaks.org/plusd/cables/10DAMASCUS159_a.html#efmBraBr6BsHB6RB6UCDN

12. Selon un institut de recherche basé aux Emirats arabes unis, l’INEGMA, 4000 combattants saoudiens et 1500 des Émirats seraient présents dans les rangs de l’EI.

13. La première déclaration de Carla Del Ponte le 5 mai 2013 était claire, l’emploi de ces gaz ne provenait pas du régime d’Assad mais bien des rebelles. Une déclaration retirée par l’ONU dès le lendemain. Voir http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/06/les-rebelles-syriens-ontutilise-du-gaz-sarin-selon-carla-del-ponte_3171289_3218.html

14. Cette information est donnée par Hisham al Hashimi, un érudit égyptien, dans Tim Arango et Eric Schmitt, «U.S. actions helped shape rise of a mysterious Islamist leader», New York Times, 12.08.2014, p.1, 6.

15. http://www.militarytimes.com/article/20140723/NEWS05/307230061

16. Lire l’analyse de F, Gregory Gause, «ISIS and the New Middle East Cold War» in The Brookings Institution, 25.08.2014, selon qui l’ISI n’a pas de patron et tire sa force de cette indépendance.

17. Selon le Guardian http://www.theguardian.com/world/2014/jun/15/iraq-isis-arrest-jihadists-wealth-power

18. Scott Shane and Ben Hubbard, «ISIS Displaying a Deft Command of Varied Media» in NYT, 30.08.2014.

19. Basé à Philadelphie et présidé par Daniel Pipes le MEF publie le Middle East Quarterly, http://www.meforum.org

20. Voir William O. Beeman, «Follow the Oil Trail, Mess in Afghanistan Partly Our Government’s fault», Jinn Magazine online, Pacific News Service, San Francisco, 14 août 1998.

21. WND, http://www.wnd.com/2014/06/officials-u-s-trained-isis-at-secret-base-in-jordan/

22. http://www.reuters.com/article/2013/03/10/us-syriacrisis- rebels-usa-idUSBRE9290FI20130310 travail d’Amir Mughal, ancien agent des services d’intelligence pakistanais, DIB sur http://chagataikhan.blogspot.ch/2011/11/lie-distort- with-bbc-london-on-pakistan.html

23. Aryn Baker, «Why Iran believes the Militant Group ISIS is an American Plot» in Time online, 19 juillet 2014.

24. Rapport accablant du Center for Human Rights and Global Justice, Targeted and Entrapped: Manufacturing the «Homegrown Threat» in the United States, New York, NYU School of Law, 2011.

25. Voir Dana Priest et William M. Arkin, Top Secret America, the rise of the new american Security State, New York, Little, Brown and Company, 2011.

26. Ibid. p.113.

27. Le New York Times a publié l’image des bourreaux noirs encagoulés du Hamas exécutant des suspects d’espionnage dans son édition du 23 août 2014, créant une analogie avec les pratique de l’EI.

28. The Telegraph de Londres a été l’un des premiers à parler d’une «mise en scène» le 25 août 2014; l’identification du rappeur anglais Abdel-Majed Abdel Bary comme meurtrier présumé par les agences du MI5 et MI6 ne fait qu’ajouter au doute. Rukimi Callimachi et Kimiko De Freytas-Tamura, «ISIS Video Shows Execution of David Cawthorne Haines, British Aid Worker» in New York Times, 14 septembre 2014; on rappellera qu’en octobre 2010, les documents wikileaks faisaient état d’un cas au moins de décapitation d’un irakien par les troupes américaines. http://www.examiner.com/article/wikileaks-documentsreveal-u-s-military-complicity-guilt-tortures-murders

29. Aimé-Jules Bizimana relevait dans son article intitulé «Les risques du journalisme dans les conflits armés» dans Communication, Vol. 25, n°1, 2006, p. 84-111 que les journalistes étaient aussi souvent pris pour cible par les Etats-Unis.

30. Voir la Presse Emblème Campagne (OEC) qui tient un compte détaillé de ces morts: www.pressemblem.ch

31. Les voix de Peter Galbraith et de Vijay Prashad se sont jointes sur le média Democracy Now afin de relever que la guerre n’avait plus de fin ni de limite. «Obama vows to destroy Islamic State, But Expanded strikes in Syria & Iraq point to «Endless War», 11 septembre 2014.

32. Hill intelligence leaders urge Obama to form ISIS strategy ahead of NATO summit, FoxNews, 01.09.2014; Parlant d’éradiquer le cancer de l’ISIS, ce dernier a déclaré devant la nation: «Nous traquerons les terroristes qui menacent notre pays, où qu’ils se trouvent» à promis le président lors de son discours le 10.09.2014.

33. Allisson Quinn, «Islamic State to Putin: We are on our way to Russia» in Moscow Times, 03.09.2014

34. intervention sur CBS News: http://www.youtube.com/watch?v=KFpVItU5kHU

35. Les livraisons d’armes des européens ont semble-t-il confirmé cet état de fait.