À la FIFA, l’après-Blatter a bel et bien commencé

FIFA_CAT.jpg

La première manche, celle des candidatures à la succession de Sepp Blatter, vient de s’achever. Huit candidats étaient en lice, mais un dossier a déjà été rejeté par le comité électoral, et celui du français Michel Platini reste en suspens. En attendant le congrès électif du 26 février 2016, tous les coups sont permis.

Mis en ligne le 28 octobre 2015


Par Catherine Fiankan-Bokonga

Les heures précédant le coup de minuit du 27 octobre, date de clôture des soumissions de candidatures au poste de président de la Fédération internationale de Football Association (FIFA) ont été «sportives», avec plusieurs dépôts de dernière minute. Parmi eux, la candidature du Suisse Gianni Infantino, présenté par le comité exécutif de l’UEFA qui, dix jours plus tôt, soutenait encore son président Michel Platini.

Cette démarche fait l’effet d’une bombe; elle indique que l’organisation européenne préfère miser sur son secrétaire général. L’annonce le même jour du rejet, sur la forme, de l’appel en référé déposé par Platini a certainement précipité les choses. Comme pour calmer le jeu, le haut-valaisan annonce son retrait au cas où son ex-patron serait blanchi des accusations qui pèsent sur lui.

Au bout de la nuit, huit personnes sont en lice pour succéder au valaisan Sepp Blatter. Dans la matinée du 28 octobre, lors de l’annonce officielle par la FIFA de la liste des candidats, l’exclusion de David Nakhid, ex-capitaine de la sélection de Trinité et Tobago, est justifiée par un parrainage invalide (5 parrainages de fédérations affiliées à la FIFA sont nécessaires). Finalement, trois Européens (les Français Platini et Champagne, ainsi que le Suisse Infantino), deux Africains (le Libérien Bility et le Sud-africain Sexwale) et deux personnes issues de la zone Asie (le Prince jordanien Ali et le Sheikh bahreïni Salma) vont s’affronter durant les quatre mois de campagne.

Néanmoins, un flou artistique entoure la candidature de Michel Platini, mise de côté jusqu’au 5 janvier, date de la fin de sa sanction. En raison d’un versement controversé de deux millions de francs suisses, la Commission d’éthique de la FIFA a suspendu pour une période de 90 jours, à titre provisoire, le président de l’UEFA. Si ce délai de suspension n’est pas prolongé, le dossier poursuivra le processus en passant par le test d’intégrité.

Épreuve que l’ex-capitaine des Bleus n’est pas sûr de réussir en raison de son rôle nébuleux dans l’attribution, en décembre 2010, de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Bien que Platini jure être totalement intègre, on s’étonne que son fils, Laurent, ait rejoint le fonds Qatar Sports Investments à fin 2011, avant de prendre la direction générale de l’une de ses filiales, l’équipementier «Burrda Sport»...

POIDS LÉGERS ET POIDS LOURDS

Selon les experts, parmi les poids légers du match, on compte les candidatures du diplomate français Jérôme Champagne, ex-bras droit de Sepp Blatter, du Prince Ali de Jordanie, vice-président de la FIFA pour l’Asie, et du président de la Fédération libérienne Musa Bility. Ils ne devraient pas peser lourd dans la balance.

Du côté des poids lourds, le président de la Confédération asiatique de football (depuis 2013), vice-président de la FIFA, membre de la famille royale du Bahrein, Sheikh Salman Bin Ebrahim Al Khalifa, le millionnaire sud-africain Mosima Gabriel dit «Tokyo» Sexwale, ancien co-détenu de Nelson Mandela, président du comité de surveillance de la FIFA pour Israël & Palestine, et Gianni Infantino secrétaire général de l’UEFA.

L’Afrique a toujours soutenu Blatter. Ce n’est un secret pour personne. Lors d’une élection, le Continent est une force à ne pas négliger car il détient 54 voix, c’est-à-dire plus d’un quart des 209 électeurs. L’UEFA représente 53 voix, l’Asie 46, la CONCACAF (Amérique du nord, centrale et Caraïbes) 35 voix, l’Océanie 11 et l’Amérique du sud 10.

C’est un des amis proche de Sepp Blatter, le Camerounais Issa Hayatou, président de la Confédération africaine de football (CAF) qui exerce l’intérim à la tête de la FIFA. La CAF a annoncé avoir reçu à son siège, au Caire, le Prince Ali de Jordanie, Gianni Infantino, Cheikh Salman et Tokyo Sexwale. Elle a insisté sur le fait qu’elle prendrait tout le temps nécessaire pour se prononcer sur le choix de son candidat. L’Afrique décidera-t-elle de miser sur son représentant?

Le hasard du calendrier faisant bien les choses, le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) aura lieu du 16 janvier au 7 février, au Rwanda. On peut parier que c’est lors de cet événement que les dernières consignes de votes seront données avant l’élection du chef de l'instance dirigeante du football mondial, lorsque 209 fédérations de football désigneront, à Zurich, le successeur de Joseph Blatter.