Les brise-glaces de l’égalité

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Pour la première fois, une liste 100% féminine part à l’assaut du Grand Conseil genevois. Leur credo: si les parlements étaient majoritairement composés de femmes, les inégalités salariales avec les hommes disparaîtraient. Rencontre avec cinq candidates qui ambitionnent de percer le plafond de verre figeant la question de l’égalité.

 

Rebecca Thorstein

Avril 2018

La question est depuis longtemps prisonnière des glaces. La cause des femmes attend vainement un providentiel réchauffement politique, mais la banquise ne recule toujours pas. Ou si peu. Et les inégalités persistent. Vingt-deux ans après l’inscription dans la loi de l’égalité de salaires entre les hommes et les femmes en Suisse, l’écart moyen s’élève toujours à 18%. Les femmes cadres gagnent même 24% de moins que leurs homologues masculins. Nous sommes en 2018, et la patience de dix-neuf Genevoises est à bout. Elles ont présenté une liste 100% féminine pour l’élection au Grand Conseil du 15 avril prochain.

«Les femmes n’ont occupé que 26 des 100 sièges du parlement cantonal pendant la dernière législature de 2013 à 2018», déplore Manuela Honegger, tête de liste et initiatrice de ce mouvement politique inédit à Genève. Cinquante femmes se sont engagées à suivre cette politologue née à Zurich qui a pris en 2017 son bâton de pèlerin: «Durant deux mois, j’ai rencontré dans des cafés, chez elles, chez moi, des femmes qui en avaient assez.» Dix-neuf ont décidé de déposer leur candidature au parlement cantonal et de tenter ainsi une incursion dans les eaux agitées de la politique genevoise: «LALISTE Femmes 2018» était née.

À l’abordage! Dans ce bateau à l’équipage 100% féminin, Fabienne Abramovich, cinéaste et chorégraphe, fait figure de cheffe en salle de contrôle des machines. Elle huile l’argumentaire et injecte le carburant discursif: «On s’est endormi sur la question de l’égalité, toutes et tous, sans distinction. Résultat, 74% d’hommes siègent au Grand Conseil genevois.» Voilà pour l’allumage du moteur. «Nous avons pour vocation d’être un groupe de pression», ajoute-t-elle. «Qu’on soit élues ou non, on ne lâchera pas le combat.» Le navire passe en vitesse de croisière.

 
 Manuela Honegger vue par © Olivier Zimmermann / 2018

Manuela Honegger vue par © Olivier Zimmermann / 2018

 

À la barre, Manuela Honegger garde le cap: «Le mouvement s’est créé face à cette politique qui ne prend pas en compte les revendications des femmes sur l’égalité.» Droit devant, la banquise, compacte et inamovible, ce mur de glace de l’«hégémonie masculine» qui ne laisserait plus rien passer. La politologue lève les yeux, d’un air gêné. Elle ne veut pas dériver vers les catégorisations culpabilisantes. «Nous n’avons rien contre les hommes. Notre démarche est uniquement politique, avec une stratégie en tête

L’«hégémonie masculine», plus qu’un concept à l’usage féministe, «c’est un fait et nous partons de ce constat, que nous considérons, j’insiste, comme un constat de base, rien de plus, pour avancer dans notre combat qui reste, je le répète, entièrement politique», plaide Manuela Honegger. «Un constat à traduire par ces mots», ajoute-t-elle: «Les lois sont faites pour les hommes de 45-50 ans.» Un exemple? «Le fameux Plan de prévoyance vieillesse PV2020 sur l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes, refusé l’an dernier dans les urnes: il était taillé sur mesure pour cette catégorie de la population

 

Chiffres sans appel

Selon la politologue, «le système est façonné par ceux qui sont au pouvoir et, pour l’heure, ce sont les hommes qui le détiennent». Remarquez: «Alain Berset, qui a fortement œuvré en faveur du PV2020 et pour l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes, est âgé de 45 ans.» Le thème de la retraite est l’un des points clé du programme de LALISTE. Manuela Honegger ajoute à cet effet un deuxième exemple: «Dans le cadre du IIe pilier, les femmes touchent 67% de moins que les hommes», alors que, côté AVS, «l’écart est d’un petit 4%».

Pourquoi cette vertigineuse différence? «C’est une alliance entre deux conseillères nationales de droite et de gauche, la libérale-radicale zurichoise Lili Nabholz et la socialiste bernoise Gret Haller, qui a mené à la réduction drastique des inégalités hommes-femmes dans le cadre de l’AVS», rappelle-t-elle. «Avec des mesures comme le splitting et le bonus éducatif, elles sont parvenues à ce résultat.» La preuve, selon Manuela Honegger, que «les femmes au pouvoir peuvent changer les choses et prendre des décisions pour plus de justice et d’équité». Criantes, les inégalités dans le IIe pilier ont la vie dure.

 
 Fabienne Abramovich vue par © Olivier Zimmermann / 2018

Fabienne Abramovich vue par © Olivier Zimmermann / 2018

 

La liste 100% féminine prend ce pari aussi audacieux que pragmatique: si les parlements étaient majoritairement composés de femmes, l’égalité deviendrait effective, dans les faits et non seulement sur le papier. «On n’a jamais tenté l’expérience auparavant, il est temps de franchir le pas», lance la politologue genevoise. «Nous sommes persuadées que la clé est là, dans le choix d’une majorité de femmes dans les législatifs.» Pour briser la masse de glace qui pétrifie la question de l’égalité, la solution consiste, selon Manuela Honegger, à foncer sur elle et à la faire exploser à coups de bulletins de vote. En faveur des femmes.

«Tant qu’il n’y aura pas au moins la parité au niveau législatif, la situation ne changera pas, et il y a urgence, car elle empire», ajoute Anna Da Cruz Perret-Gentil, collaboratrice en assurances. «Citoyenne genevoise et mère célibataire», elle met l’accent sur une statistique publiée en février dans Le Temps: «7,8% des femmes, soit près d’une sur dix, doivent cumuler deux emplois pour boucler les fins de mois.» Le risque de tomber dans la précarité augmente chaque année, souligne-t-elle. Et de témoigner d’une situation personnelle comparable. «Comme beaucoup de femmes, je dois mettre les bouchées doubles, voire triples pour éviter de glisser dans cette spirale.» Manuela Honegger précise: «À Genève, 30% des femmes sont aujourd’hui à risque de pauvreté.»

 
 Anna Da Cruz Perret-Gentil vue par © Olivier Zimmermann / 2018

Anna Da Cruz Perret-Gentil vue par © Olivier Zimmermann / 2018

 

Ces dernières années, sans crier gare, la couche de glace a même encore gagné en épaisseur. Au détriment des femmes. Les chiffres sont sans appel. En termes d’égalité, selon le classement 2017 du World Economic Forum (WEF), la Suisse a dégringolé de la 11e à la 21e place. Pour les experts du WEF, à ce rythme, il faudrait attendre 217 ans pour voir se réaliser la parité femmes-hommes. Grâce à des politiques publiques en faveur des femmes, en revanche, d’autres pays, l’Islande, la Norvège, le Rwanda et le Nicaragua, progressent. La Suisse recule également dans la représentation féminine en politique: de la 15e à la 28e place. Alors que seulement 17% sont présentes dans les conseils d’administration des grandes entreprises. «J’ai une fille de 4 ans», affirme Anna Da Cruz Perret-Gentil. «J’aimerais qu’elle vive dans une société moins inégalitaire

Anne Borcard, assistante administrative, ne mâche pas ses mots: «Il faut mettre un grand coup de pied dans la fourmillière.» Selon cette Genevoise engagée, mais avec une «sensibilité apolitique», précise-t-elle, sans la parité, «la société est tout simplement bancale». Tous tireront avantage d’une égalité dans les faits, plaide-t-elle. Les femmes, mais aussi les hommes. Et de souligner que sa liste propose «un congé parental égalitaire entre les femmes et les hommes» et que «la garde des enfants en cas de séparation du couple soit évaluée sans distinction de genre». Seulement lorsqu’un parlement est paritaire, étaie Anne Borcard, «les lois qui y sont votées peuvent alors être considérées comme le reflet de la société, car les femmes représentent 52% de la population».

«Nous sommes en 2018», intervient Elçim Özdemir, musicienne soliste à l’Orchestre de la Suisse romande, «où est donc cette société qu’on qualifie de moderne?» Combattre les archaïsmes, pour elle, c’est aussi lutter pour la redéfinition du viol dans la loi. «Vous imaginez, selon la législation suisse, un homme ne peut pas être violé...» Et d’ajouter:  «Nous nous battons pour les hommes également. Nous demandons que leurs droits parentaux soient paritaires, mais aussi qu’ils soient considérés victimes de viol au même titre que les femmes

Dans son programme, LALISTE réclame l’abolition de la distinction entre le «viol» et la «contrainte sexuelle». Concrètement, selon le code pénal, le viol est le seul fait d’un homme contre une femme. Tandis que l’on retient la charge de contrainte sexuelle si les victimes sont homosexuelles, avec des peines moins sévères.C’est une autre Genevoise qui mène actuellement le combat au niveau fédéral. En décembre dernier, la conseillère nationale Laurence Fehlmann Rielle a déposé une motion pour que la définition du viol en Suisse soit élargie et ne se limite plus au sexe de la victime. Les victimes LGBT, lesbiennes, gays, bisexuelles et transexuelles ne sont, elles, pas prises en compte.

«L’un des avantages de notre programme, c’est qu’il ne fait pas concurrence à celui des autres partis, on ne marche pas sur leurs plate-bandes», affirme Fabienne Abramovich. «Et nous sommes compétentes pour tous les points de notre programme.» LALISTE se veut transversale. De gauche à droite. «Nous agissons comme des citoyennes qui marchent vers une même direction, et nous agirons comme des citoyennes si nous sommes élues, sans déroger bien entendu à notre programme.»

 

 
 Elçim Özdemir vue par © Olivier Zimmermann / 2018

Elçim Özdemir vue par © Olivier Zimmermann / 2018

 

 

Balayer les idées reçues

Ce «groupe de pression», comme il se définit lui-même, veut d’abord balayer quelques idées reçues pour faire comprendre pleinement sa démarche. Le féminisme, en voilà une qui leur colle à la peau. Un groupe de femmes qui se mobilise en politique doit-il forcément être l’expression d’un féminisme? «Je ne sais pas ce qu’est le féminisme, je sais qu’il y a plusieurs sortes de féminisme, mais cela m’est assez égal. Je sais surtout qu’on défend la cause des femmes, et ce qui m’intéresse, ce sont les programmes politiques et les logiques sociales qui permettent d’aboutir à l’égalité», réagit Fabienne Abramovich. «Est-ce que réclamer l’égalité salariale fait de moi une féministe?» se demande Anna Da Cruz Perret-Gentil. «Si c’est le cas, oui, je suis une féministe.» Dans ce cas, rebondit Manuela Honegger, «il faut aussi considérer que le PLR est un parti féministe car, dans son programme, il réclame l’égalité salariale».

Les candidates balayent également les questions «sociales» qui agitent le débat: l’écriture inclusive, la question des genres. «Est-ce que les femmes remplissent leur frigo avec la question des genres?», tonne Manuela Honegger. «À Genève, elles ne vivront pas mieux si on modifie l’écriture», poursuit-elle. «Nous sommes très sensibles à ces questions, évidemment, mais restons en politique, sans nous éloigner de notre chemin

Comment comptent-elles composer avec les autres forces politiques, en cas d’élection? «Quand on sera en gouvernance, nous évaluerons les sujets sur lesquels se prononcer», affirme Fabienne Abramovich. Allez-vous voter pour ou contre les mesures d’austérité ou les baisses d’impôts? «Vous voulez que je vous parle de la réforme des entreprises que je connais sur le bout des doigts?», s’exclame Manuele Honegger: «Est-ce une priorité pour les femmes qui se font tabasser à la maison?» Pour l’heure, après de longues années d’atermoiements et de tergiversations, «le seul ressort est pour les femmes d’entrer en force au parlement», assène Fabienne Abramovich. «La cause des femmes deviendrait enfin visible

Où va l’argent et pourquoi il ne profite pas aux plus démunis, «parmi lesquels les femmes sont plus nombreuses et plus vulnérables?» se demande Anne Borcard. «La politique doit agir sur le réel, et non sur ce qui est fantasmé, et la réalité est que les femmes sont souvent en souffrance, dans la précarité, elles subissent des violences, physiques et symboliques, et étouffent sous le plafond de verre», analyse Manuela Honegger. «Et ces réalités qui sont étudiées, analysées, disséquées, exposées, débattues à longueur d’année, ne sont toujours pas prises en compte ou suffisamment prises en compte dans les grandes décisions politiques

LALISTE ne débarque pas les mains vides, «elle dispose de propositions de loi concrètes», glisse Elçim Özdemir. «Par exemple, la mise en place d’un système de contrôle des salaires dans toutes les entreprises, en collaboration avec les syndicats et les patrons, et des mesures proactives, avec des sanctions», détaille Anna Da Cruz Perret-Gentil. «Dans notre paquet de mesures, il y a aussi l’instauration de primes maladie égalitaires», poursuit Manuela Honegger. «Parce que les femmes paient actuellement plus que les hommes

Tant qu’elles sont insuffisamment représentées, «la politique se fait en l’absence des femmes», déplore Fabienne Abramovich. Mais un autre phénomène contribue à l’immobilisme: «l’institutionnalisation» du combat pour l’égalité. «Dans les années 1990, la mise à disposition de fonds, de personnel, et donc de fonctionnaires, a fait bouger le système», rappelle Manuela Honegger. «Ensuite, la machine n’a plus été suffisamment huilée.» Selon elle, il faut réinjecter de la politique dans le système, «il est temps de repolitiser la cause des femmes».

La politologue indique le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG) comme un exemple de cette «dépolitisation». C’est dans cet organisme que nombre de candidates ont été formées à la prise de parole ou à comment répondre aux médias. L’utilité du BFEG n’est pas à mettre en doute, explique Manuela Honegger. Mais, au fil des ans, «il est devenu l’émanation des rapports de force politiques que l’on connaît au niveau fédéral, où la vision dominante de la société est celle de l’homme avec une carrière et un temps de travail à 100%».   

 
 Anne Borcard vue par © Olivier Zimmermann / 2018

Anne Borcard vue par © Olivier Zimmermann / 2018

 

 

L’exemple islandais

Repolitiser le combat des femmes, «en Islande, cela a marché du tonnerre», rappelle Anne Borcard. «Ce pays a légiféré pour rendre obligatoire l’égalité salariale. L’inégalité est devenue illégale, hors la loi, punissable dans les sociétés privées et entités publiques de plus de 25 personnes.» Dans ce pays-modèle, l’égalité est le résultat d’une longue et pugnace montée en puissance. Dont le point de départ se situe en 1975, lorsque 90% des Islandaises ont cessé toute activité, au travail comme à la maison, afin de défendre leurs droits. Quarante ans plus tard, le 24 octobre 2016, elles ont donné un coup d’accélérateur à leur lutte. Elles ont quitté leur travail à 14 h 38, considérant qu’au-delà de cette heure, elles travaillaient pour rien, comparativement aux salaires des hommes, en moyenne 16% plus élevés. «Cela s’appelle repolitiser le combat

Nous sommes à Genève, ville cosmopolite et mondialement connue, poursuit Anne Borcard. «Grâce aux organisations internationales, le curseur est constamment posé sur ce bout de Suisse, si on réalise une égalité effective ici, dans ce petit canton, ce sera remarqué dans le monde entier.» Pour Elçim Özdemir, «c’est maintenant qu’il faut sortir de l’archaïsme et se moderniser véritablement, on est face à un changement sociétal, le regard sur les femmes est en train de changer». Les verrous sont en passe de sauter. Et les mentalités évoluent. «Les jeunes ont déjà une autre vision des rapports hommes-femmes, ils veulent que les femmes travaillent et s’affirment socialement et professionnellement», relève Anna Da Cruz Perret-Gentil.

Car l’archaïsme est encore bien là, «on le voit dans les pages des catalogues où le bleu est la couleur des garçons et le rose celle des filles», observe Anne Borcard. Ce qui est ahurissant pour les nouvelles générations, «c’est de voir que nous sommes encore à discuter de l’égalité entre les hommes et les femmes, alors que, bientôt, les robots vont faire partie de nos vies». En Suisse, le droit à un salaire égal est ancré dans la Constitution depuis 37 ans, s’étrangle-t-elle. «Et environ 7% de la différence salariale correspondant à de la discrimination», rappelle Manuela Honegger, s’appuyant sur des statistiques officielles. Et la donne n’est pas près de changer.

Fin février dernier, le Conseil des états a renvoyé en commission un projet visant à imposer aux entreprises la transparence salariale. Il avait déjà été édulcoré par le gouvernement après la procédure de consultation, puis par la commission elle-même. La Suisse recule, comme le montrent le petit pas en avant et les trois pas en arrière récemment réalisés aux Chambres fédérales. Le schéma est invariable. Majoritaire, la droite considère que les «mesures volontaires» suffisent, et qu’il faut du temps avant qu’elles donnent leurs fruits. La gauche estime que rien ne changera sans l’application de «mesures interventionnistes».

Dans son rapport 2016, la Commission fédérale pour les questions féminines (CFQF) tranchait ce pugilat politique en faveur de la gauche. Elle affirmait que les mesures volontaires des entreprises sont insuffisantes, et qu’il fallait prendre en considération l’usage de moyens contraignants. «L’économie a déjà tenté la voie des mesures volontaires», rappelait, fin février, Simonetta Sommaruga dans le Matin Dimanche. «Sur les 66 000 entreprises qui auraient pu participer à ce programme, seules 28 l’ont fait. Je pense que la voie volontaire est sans issue

Selon la conseillère fédérale socialiste, «les femmes suisses ne doivent pas oublier qu’elles n’ont jamais rien obtenu gratuitement, elles ont l’habitude d’être tenaces pour arriver à leurs fins». Elle considère qu’«il faut peut-être se remobiliser, et retrouver l’esprit de la grève des femmes de 1991». Pour les candidates de LALISTE femmes 2018, ces mots doivent résonner comme une nouvelle incitation. «J’aimerais voir l’année où il n’y aura pas la Journée internationale des droits des femmes», souhaite Anna Da Cruz Perret-Gentil. «Cela voudrait dire que les femmes auront enfin gagné la parité et l’égalité

Mais le chemin reste semé d’embûches. Pour cette première liste 100% féminine dans l’histoire de la politique genevoise, il y a d’abord un obstacle de taille à surmonter: le quorum de 7%, qui favorise les partis traditionnels et les coalitions. «Nous verrons bien», déclare Manuela Honegger. «La solidarité des femmes pourrait créer la surprise.

 

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