Entre la Suisse et l’Argentine, les circuits de la corruption reprennent du service

L’ex-ministre argentin de la justice Gustavo Béliz avec son homologue suisse Ruth Metzler. © Keystone / Walter Bieri / Zurich, 11 novembre 2003

L’ex-ministre argentin de la justice Gustavo Béliz avec son homologue suisse Ruth Metzler. © Keystone / Walter Bieri / Zurich, 11 novembre 2003

Des banques et une fiduciaire suisse se retrouvent sous la loupe de la justice dans une affaire d’argent douteux portant sur 5 milliards de dollars. À la manœuvre, un entrepreneur argentin qui a fait fortune grâce au réseau des époux Kirchner. Le livre d’un journaliste argentin établi à Genève fait la lumière sur cette enquête.

NB Le cabinet panaméen Mossack & Fonseca apparait dans le dossier. La Cité le qualifie de «sorte de leader mondial dans la création de sociétés de couverture».

Publié le 11 octobre 2013


Par Federico Franchini

Zurich, 11 novembre 2003. Le ministre argentin de la justice, Gustavo Béliz, rencontre son homologue suisse Ruth Metzler ainsi que la cheffe de la diplomatie helvétique, Micheline Calmy-Rey. Au centre des discussions: la requête argentine d’accéder au compte suisse attribué à l’ex président Carlos Menem ¹. «Jamais notre pays ne s’est montré aussi déterminé à rechercher la vérité et à consolider la lutte contre l’impunité et la corruption. Ma visite en Suisse en est la preuve», déclarait le ministre argentin le 12 novembre à swissinfo.ch. Mais Gustavo Béliz n’a pas eu le temps de poursuivre cette lutte. Le 24 juillet 2004, il est destitué par le président Néstor Kirchner.

Journaliste d’investigation argentin établi de longue date à Genève, Juan Gasparini
a mené durant cinq ans une enquête sans relâche sur le circuit de l’argent de la corruption argentine. Ce long travail aboutit à la publication, en 2009, du livre El pacto Menem-Kirchner qui montre comment les parcours de ces deux adversaires politiques se rejoignent en Suisse. Peu après le licenciement de Gustavo Béliz, fin 2013, un compte ouvert au Crédit Suisse de Zurich fait son apparition. Il contient environ 500 millions de dollars sortis d’Argentine et appartenant à la province de Santa Cruz, gouvernée à l’époque par Néstor Kirchner. En 2008, la province parvient à faire rapatrier 390 millions de dollars. Les autorités ignorent toujours où est passé le montant manquant.

La présidente argentine Cristina Kirchner et l’entrepreneur Lázaro Báez lors de l’enterrement de la mère de Néstor Kirchner à Santa Cruz. © Keystone / AP OPI / Francisco Munoz, 18 février 2013

La présidente argentine Cristina Kirchner et l’entrepreneur Lázaro Báez lors de l’enterrement de la mère de Néstor Kirchner à Santa Cruz.
© Keystone / AP OPI / Francisco Munoz, 18 février 2013

«LE SCANDALE DE LA DÉCENNIE»

L’espoir de lutter contre la corruption, alimentée en 2003 par l’élection de Néstor Kirchner, a été vite balayée. Financement électoral, fortune personnelle et opérations immobilières, depuis 2008 le couple présidentiel Néstor et Cristina Kirchner a été frappé par plusieurs accusations. Aujourd’hui, la présidente Cristina Kirchner est éclaboussée par un nouveau scandale qui, depuis avril 2013, défraie la chronique argentine: l’existence d’un système, complexe et huilé, de corruption et de blanchiment, créé par son défunt mari disparu en 2010.

Le scandale s’étend jusqu’en Suisse. Selon les documents judiciaires argentins, dont nous sommes en possession, la fiduciaire Helvetic Services Group de Lugano et des banques helvétiques auraient joué un rôle prépondérant dans cette affaire, qui fait l’objet d’une enquête pénale pour présomption de blanchiment d’argent ouverte par le Ministère public de la Confédération (MPC).

Pour mieux comprendre comment cette société tessinoise aurait joué un rôle central dans ce qui est désormais défini comme «le plus grand cas de corruption de la décennie», il faut remonter au 14 avril 2013. Comme chaque dimanche, le canal El Trece diffuse la célèbre émission Periodismo Para Todos qui, ce jour-là, fait l’effet d’une bombe. Elle attaque directement le pouvoir politique et conjugal des Kirchner.

La thèse du présentateur, le journaliste Jorge Lanata, est que, derrière la fortune du couple présidentiel ², se cache une énorme somme d’argent inconnue et non déclarée, générée par un mécanisme de recyclage de pots-de-vin. Au cœur de ce système, un homme: Lázaro Báez, ami de longue date de Néstor Kirchner. En 1990, lorsque l’ex-président était maire de Rio Gallegos, Lázaro Báez, alors employé de banque, organise sa campagne pour gouverner la province de Santa Cruz. Lorsque, un an plus tard, Néstor Kirchner devient gouverneur de cette province, Lázaro

Báez est alors nommé directeur de la principale banque de la région. Et l’ascension de Báez devient inarrêtable grâce à l'élection, en 2003, de son ami Néstor à la présidence de la république argentine. Dans les secteurs de la construction et de l’exploitation pétrolière, Báez aurait gagné de juteux appels d’offres publics lui permettant de réaliser quelque 1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaire en dix ans, selon ses propres dires.

L’émission du canal El Trece atteint un point de tension maximale avec l’interview de Leonardo Fariña, collaborateur supposé de Lázaro de Báez et de Federico Elaskar, propriétaire de la société financière SGI. Fariña, selon lequel l’entrepreneur de Santa Cruz contrôlerait une fortune de 5 milliards de dollars, admet sa participation à l’évasion de fonds issus des contrats publics obtenus par les sociétés de Lázaro Báez. Pour sa part, Federico Elaskar détaille la méthodologie financière utilisée pour déposer illégalement, dans une banque genevoise, quelque 50 millions d’euros appartenant à cette fortune ³.

La confession publique des deux hommes est une sorte de vengeance médiatique. Federico Fariña aurait été l’émissaire de Lázaro Báez dans SGI et aurait empoché une partie de l’argent que son chef lui avait ordonné d’acheminer vers la Suisse. Quand Lázaro Báez le découvre, il devient furieux et contraint brutalement Federico Elaskar à vendre SGI à Helvetic Services Group, la fiduciaire de Lugano jusque-là inconnue.

CONSTELLATION DE SOCIÉTÉS ÉCRAN

La perte de sang froid de Báez a été l’erreur déterminante: en humiliant Elaskar, il pousse ce dernier à tout raconter au journaliste Jorge Lanata et à exposer de ce fait Helvetic Services Group à l’attention des médias. Et des juges. Après l’émission, la justice argentine ouvre deux enquêtes, l’une pour blanchiment d’argent et l’autre pour extorsion. Cette dernière est confiée à la juge María Gabriela Lanza et au procureur José María Campagnoli. Ancien secrétaire de l’ex ministre anticorruption Gustavo Béliz, Campagnoli dirige la Unidad Fiscal de Investigación de Delitos con Autor Desconocido (UFIDAD), une équipe de jeunes enquêteurs très motivés.

En investigant sur la cession «abrupte» de SGI à Helvetic Services Group, le team du procureur Campagnoli révèle rapidement l’existence d’un système présumé de corruption et blanchiment d’argent en place depuis une décennie. Un système qui impliquerait directement Néstor Kirchner et Lázaro Báez.

Siège de Helvetic Services Group à Lugano © Davide Rotodo / tio 20 minuti / 29 août 2013

Siège de Helvetic Services Group à Lugano © Davide Rotodo / tio 20 minuti / 29 août 2013

Le montage a été reconstitué en retraçant l’histoire d’Helvetic Services Group, dont la première apparition dans les registres officiels argentins survient en 2007: elle figure comme l’entité qui contrôle la totalité d’une société nommée Eyden Group LLC. Originaire du paradis fiscal étasunien du Nevada, Eyden Group LLC a été enregistrée en 2006 à Las Vegas par MF Corporate Services. Cette dernière est une filiale du bureau panaméen Mossack & Fonseca (M&F), sorte de leader mondial dans la création de sociétés de couverture. Dans le bulletin officiel argentin, la société qui administre Eyden Group LLC est une entité nommée Aldyne LTD ⁴. Cette dernière — dont le rôle est fondamental aux yeux des enquêteurs — a établi son siège dans le paradis fiscal des îles Seychelles, où elle est dirigée par deux citoyens suisses et administrée par M&F. La consultation du registre officiel du Nevada permet au procureur d’identifier 148 compagnies ⁵ créées à Las Vegas entre le 30 juillet 2002 et le 15 octobre 2010, toutes enregistrées à la même adresse; toutes ont été créées par M&F et sont administrées par Aldyne LTD.

Selon l’analyse du procureur José María Campagnoli, c’est avec la mort de Néstor Kirchner que se conclut, en octobre 2010, la «première phase» de la gestion du trésor caché attribué à l’ancien président. Un patrimoine administré à travers des dizaines de sociétés écran qui aurait eu en réalité un seul trésorier: Lázaro Báez. Le décès de Néstor Kirchner ouvre du coup la «deuxième phase» de la présumée machine à blanchir. Une phase caractérisée par la montée en puissance de Helvetic Services Group.

Lorsque Juan Gasparini publie son livre-enquête El pacto Menem-Kirchner en 2009, il affirme que cet ouvrage est le dernier de sa carrière. Mais il ne peut pas résister à la tentation de se pencher sur ce nouveau scandale qui lie, encore une fois, la Suisse et l’Argentine. C’est ainsi qu’en ce mois d’octobre, il publie, en Argentine, Las bóvedas suizas del kirchenismo, fruit d’un travail d’investigation dans lequel il s’est investi, corps et âme. Aidé par le documentaliste Andrés Ballestreros, il a suivi le chemin de l’argent sale à travers une multitude de sociétés écrans, d’investissements opaques et de détournements financiers à travers l’Argentine, la Suisse et plusieurs paradis fiscaux. Son hypothèse: Lázaro Báez aurait infiltré le système financier suisse au moyen de prête-noms et de sociétés fictives.

Une affaire qui, selon l’auteur, ne ferait que répliquer les déboires des deux derniers ex-présidents argentins en Suisse. Avec, cette fois-ci, une nouveauté substantielle: la participation supposée de Helvetic Service Group, société fiduciaire enregistrée au Tessin, et soumise au contrôle des services financiers de la Confédération. Fondée à Lugano, le 14 novembre 2005, Helvetic Services Group est une société à capital limité — 100 000 francs — avec actions au porteur. Dans le registre du commerce, figurent deux noms: Claudio Giovanni F., un Tessinois qui possède, à la même adresse que la Helvetic Services Group, sa propre société fiduciaire gérée avec sa femme, et Néstor Marcelo R., avocat, citoyen italien et argentin, qui dirige des sociétés en Suisse, en Amérique latine, aux États-Unis, en Espagne, en Angleterre, en Irlande et en Nouvelle Zélande ⁶.

FACE VISIBLE DE LA MÉDAILLE

Une filiale de Helvetic Services Group s’installe à Buenos Aires en 2007. Dans le bulletin officiel argentin, il apparaît que le capital de la société est détenu par Néstor Marcelo R. (37%) et par Verena F. (63%), avocate et notaire à Chiasso, sœur de Claudio Giovanni F. Pour le procureur José María Campagnoli, Néstor Marcelo R. est l’«énigmatique homme de paille» de Lázaro Báez. Dans une interview à 20minuti, celui-ci affirmait pourtant n’avoir «jamais rencontré» M. Báez.

Selon Juan Gasparini, Néstor Marcelo R. et Claudio Giovanni F. seraient la face visible de la médaille. Comment expliquer sinon qu’une société affichant un capital de 100 000 francs puisse acheter une telle quantité de biens (immeubles, sociétés, terrains, etc.) en Argentine et dans d’autres pays, dont la Suisse, comme le prouve l’enquête de Campagnoli. Ce dernier a également retracé une galaxie d’une cinquantaine de sociétés dans plusieurs pays, dont la Suisse, avec lesquelles une relation d’affaires avec HSG a pu être établie.

De l’enquête, il ressort aussi que les actionnaires ou les administrateurs de ces compagnies seraient, soit Helvetic Services Group elle-même, soit des sociétés contrôlées par Ramos, son neveu Javier Martin Vanella (représentant légal de Helvetic Services Group en Argentine) ou bien d’autres personnages composant le cercle proche de Lázaro Báez. Autrement dit, derrière le mur de compagnies écran supposées être des clients potentiels de Helvetic Services Group, se dissimulerait, encore une fois, un seul propriétaire: Lázaro Báez, l’homme qui, depuis la mort de Néstor Kirchner, administrerait une fortune estimée à cinq milliard de dollars. Au centre de ce stratagème présumé: la société fiduciaire Helvetic Services Group.

Dans le rue argentines, la condamnation populaire du «kirchnerisme». © Keystone / AP photo / Natacha Pisarenko / Buenos Aires, 8 août 2013

Dans le rue argentines, la condamnation populaire du «kirchnerisme». © Keystone / AP photo / Natacha Pisarenko / Buenos Aires, 8 août 2013

FUITE DE CAPITAUX EN BILLETS DE 500 EUROS

Federico Elaskar a raconté comment il a fait sortir, illégalement, 50 millions d’euros d’Argentine. Cet argent liquide (en billets de 500 euros) est arrivé en avion privé en Uruguay, puis, à travers des sociétés fictives aux Caraïbes, il a atterri en Suisse dans un compte ouvert chez Lombard Odier à Genève, sous la couverture de Teegan Inc., société du Belize, implantée à Panama. Dont l’ayant droit économique est Martin Báez, fils de Lázaro. Contacté par Le Temps en juillet dernier ⁷, Lombard Odier a admis que Martin Báez a entretenu «une courte relation bancaire» avec l’établissement. Pendant cette période, le procureur Campagnoli a aussi pu établir que deux voyages ont été effectués par Martin Báez au bout du lac Léman.

Le compte a été clôturé l’an dernier. Le solde, vraisemblablement de plusieurs millions de dollars, aurait été transféré vers une autre banque à Genève. Selon le Tages Anzeiger ⁸, il s’agirait de la J. Safra Sarasin Ltd, filiale helvétique de la banque brésilienne J. Safra. Créée en janvier 2013 suite à l’absorption de l’historique établissement privé Sarasin, J. Safra Sarasin Ltd a rapidement vu partir cinq anciens cadres de la banque bâloise. Ces derniers était considérés comme des précurseurs de la stratégie de l’argent propre ⁹. Le 19 juin 2013, le procureur Campagnoli remet à la juge Lanza un rapport d’enquête dans lequel il explique comment l’argent noir est transformé en argent propre en Argentine. Selon lui, la maison mère de Helvetic Services Group, à Lugano, aurait investi à travers «un ou plusieurs comptes» auprès la banque J. Safra la somme de 25 millions d’euros dans des titres de la dette souveraine d’Argentine ¹⁰. Ensuite, ces titres ont été mis en liquidité par une société boursière qui les aurait transformés en pesos grâce à des chèques en faveur de la filiale argentine de Helvetic Services Group. Ces mêmes chèques ont été encaissés entre décembre 2012 et avril 2013 au profit d’Austral Construcciones, la société leader de M. Báez.

UNE BANQUE SUISSE DÉNONCE

À fin avril, le MPC communique qu’il enquête sur cette affaire suite à une annonce au Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS) effectuée par une banque. Selon les règles en vigueur, la banque par laquelle entrent les capitaux dans le pays doit être établie en Suisse, et elle est aussitôt appelée à dénoncer les opérations suspectes et le dépôt d’argent douteux. La question est donc de savoir quelle est la banque qui a dénoncé l’affaire. Ou, plutôt, de savoir quelle est ou quelles sont les banques qui, en quête de liquidités, auraient ouvert, depuis 2005, des comptes pour Helvetic Services Group.

Si, côté argentin, on connait plusieurs éléments de l’enquête judiciaire, côté suisse, nous n’avons pas réussi à en savoir davantage. Par sa porte-parole, Jeanette Balmer, le MPC nous a confirmé que l’enquête progresse et que l’analyse des flux financiers en cours permet d’«effectuer d’autres démarches» qu’il n’est pas possible de divulguer pour l’heure. Si la Suisse a souvent été le terrain où ont prospéré les affaires de corruption argentine, cette fois-ci, ce sont des sociétés de droit suisse qui pourraient avoir joué un rôle actif. Mais pour remonter à l’origine de l’argent et reconstituer ses mouvements, la Confédération n’aura hypothétiquement plus besoin, comme dans le passé, de la coopération judiciaire avec Buenos Aires.


1. L’affaire Menem, qui a défrayé la chronique judiciaire depuis 2001, a connu son épilogue le 18 juillet 2013, lorsque le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone a confirmé la décision prise par le procureur genevois Jean-Bernard Schmid de rendre à l’Argentine le compte non déclaré que Carlos Menem avait ouvert à l’UBS de Genève. Lire à ce propos La Cité du 13 septembre 2013.

2. La fortune privée du couple Kirchner est passée, depuis l’élection de Néstor Kirchner en 2003 jusqu’à sa mort en 2010, de 1,4 million à plus de 14 millions de dollars.

3. Malgré leur confession publique, Leonardo Fariña et Federico Elaskar ont toutefois démenti leurs déclarations.

4. Dans un communiqué publié le 14 juin 2013 sur son site web, Helvetic Services Group affirme «qu’elle n’a jamais maintenu et ne maintient aucun contrat, accord ou type de relations juridiques ou commerciales ou toute autre forme» avec Aldyne LTD.

5. Parmi ces 148 compagnies, 5 avaient établi leur filiale à Lugano. Elles étaient administrées par Gianpiero A. M., Vadim C., par des avocats panaméens ainsi que par la société Aldyne LDT. Elles ont été liquidées le 8 décembre 2008.

6. Le 28 août dernier, Claudio Giovanni F. démissionne, la fonction de président de Helvetic Services Group est alors occupée par Néstor R.. Contacté par e-mail, celui-ci a refusé de répondre à nos questions.

7. Carole Vann et Juan Gasparini, «La Suisse enquête sur une affaire de blanchiment liée à l’Argentine», dans Le Temps du 6 juillet 2013.

8. Philippe Reichen, Säckeweise Geld für Safra, Tages Anzeiger, 6 juillet 2013.

9. Emmanuel Garessus, «L’exode de directeurs s’accélère. chez Sarasin», Le Temps, 28 mai 2013.

10. Les services de la banque J. Safra n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Dans le rue argentines, la condamnation populaire du «kirchnerisme». © Keystone / AP photo / Natacha Pisarenko / Buenos Aires, 8 août 2013

Dans le rue argentines, la condamnation populaire du «kirchnerisme». © Keystone / AP photo / Natacha Pisarenko / Buenos Aires, 8 août 2013

Federico Franchini