À Paris, pascALEjandro réussi(ssen)t la symbiose parfaite entre passion et créativité

 

pascALEjandro. Un nom étrange et mystérieux. Composé des trois premières et des trois dernières lettres de deux prénoms: Pascale et Alejandro. Magie du hasard. Intuition de l’imagination, fulgurance de la créativité. Un nom d’art, symbiose parfaite des talents d’un couple hors normes: Pascale Montandon et Alejandro Jorodowsy. Elle, jeune artiste de la couleur. Lui, vétéran virtuose du cinéma d’auteur. Leur nouveau défi artistique? Une série d’œuvres stupéfiantes, épatantes et désopilantes, L’Androgyne alchimique, à découvrir jusqu’au 9 juillet à la Galerie Azzedine Alaïa, à Paris.

 

Luisa Ballin
12 mai 2017

pascALEjandro. Un désir d’inventivité incarné. Un esprit de fronde artistique caustique, ludique et poétique. «Comme si le destin avait décidé de cet enfant symbolique à venir», avait confié Pascale Montandon-Jodorowsky à La Cité, lors d’une rencontre à Genève. pascALEjandro, hologramme lumineux mais non moins vrai, fruit de leur amour et de leur proximité artistique. «J’ai voulu continuer de la séduire. À mon âge, ne pouvant avoir un enfant, nous avons décidé de créer ensemble cet enfant symbolique qu’est pascALEjandro», avait renchéri Alejandro Jodorowsky, œil pétillant et sourire désarmant.  

Séduire. Charmer. Aimer. C’est lors d’une séance de lecture des tarots — une de ses multiples passions — qu’Alejandro Jorodowsky avait rencontré Pascale Montandon venue accompagner une amie à cette séance insolite. Alejandro se souvient de cet instant où l’intuition du bonheur l’avait foudroyé. «Cela m’a pris 74 ans! Il vaut mieux tard que jamais, car avant c’était une catastrophe! En travaillant sur moi, sur mon intuition, cela ne m’a pas seulement ouvert à la perception de l’autre, mais aussi à la perception du miracle continuel de la vie. Puis j’ai proposé à Pascale cette collaboration artistique, ce jeu privé», nous avait confié le maestro amoureux, lors de la présentation de son film Poesía sin fin (Poésie sans fin) au Festival FILMAR en América Latina, à Genève, accompagné de sa muse et épouse, dessinatrice des costumes et responsable de la supervision des couleurs de ses films, La danza de la realidad et Poesia sin fin.

 
 

Le cinéaste, acteur, conteur, metteur en scène, metteur en images, lecteur de tarots, écrivain et poète, chilien d’origine et domicilié dans la Ville Lumière, avait évoqué les prémisses de L’Androgyne alchimique, festin de dessins nés de sa main et mis en couleurs par sa dame de cœur et d’âme.

«Il avait signé des Fabulas paniquas, planches dessinées pour un journal au Mexique quand il y vivait à la fin des années 1960. Lorsque j’ai découvert ses dessins, je leur ai trouvé une grâce particulière et des qualités graphiques extraordinaires. Cela lui a donné envie de se remettre à dessiner», se remémore Pascale Montandon-Jorodowsky

Avant de faire escale à la galerie Azzedine Alaïa, les premières œuvres graphiques et picturales du duo avaient eu les honneurs du Musée d’Art moderne de Paris et d’Art Basel Miami. Depuis, l’enchantement ne faiblit pas. En poussant la porte de la galerie sise dans le Marais, le public découvre émerveillé les nouvelles créations et les œuvres les plus emblématiques de pascALEjandro, feu d’artifice d’ingéniosité. Et vogue l’imagination!

 
 

Azzedine Alaïa, le maître des lieux, dit d’eux: «En amour, dans ces dessins, ils vont très loin; il y a une brutalité, une pudeur, et une poésie. Les dessins emportent dans le rêve: on ne peut pas les regarder comme d’autres peintures. Il y a des symboles, des choses présentes. Ils sont entre ciel et terre, et nous montrent un regard différent.»

Regard différent. Croquis fulgurants. Pour le sociologue et philosophe Edgar Morin, qui signe également un bel hommage dans la magnifique monographie parue dans le cadre de l’exposition: «Analogue à l’androgyne primordial qu’évoque Platon, voici pascalejandro, accomplissement l’un par l’autre de Pascale Montandon-Jodorowsky et d’Alejandro Jodorowsky. Alejandro, né au Chili, découvrit tout jeune qu’il était poète. Il découvrit de lui- même ce que les surréalistes avaient découvert à l’autre bout du monde, que la poésie ne devait pas être limitée au poème, mais s’incarner dans la vie. Il vécut des rencontres et expériences où l’onirique devenait réel et le réel onirique. Il vécut et organisa des fêtes débridées. Cet aspect à la fois existentiel et fabuleux resta présent dans toute son œuvre, mais de plus en plus maîtrisé et intégré.»

 
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Maitrise du trait. Sensibilité et intégration des couleurs, pascALEjandro ébahit. À Paris, comme à Miami. Ou à Dublin, lors d’une exposition sur la spiritualité, la créativité poétique étant sans limites. pascALEjandro, éloge du bonheur, originalité et profondeur, complicité artistique. Puisque, comme l’affirmait Pascale Montandon-Jorodowsky à La Cité: «Une bonne collaboration n’est possible qu’avec une bonne relation. Alejandro est l’être parfait pour moi. Cela a été une vraie rencontre. Lui comme moi avions un idéal amoureux et un idéal artistique très fort. Il a 43 ans de plus que moi et a eu plusieurs vies amoureuses avant moi. Dans ses écrits poétiques, dans ses romans biographiques, il a décrit cet idéal amoureux qui ne se rencontre qu’une fois dans une vie. J’ai reconnu en lui l’être qui me correspondait parfaitement. Cette relation unique nous permet une collaboration artistique en totale harmonie et adéquation.»

Qui n’exclut pas une mise en abîme complexe dans la vie rêvée et dans la vie réelle au quotidien, depuis leur coup de foudre en 2005.


L’Androgyne alchimique
jusqu’au 9 juillet 2017

Du lundi au dimanche
de 11h00 à 19h00

Galerie Azzedine Alaïa
18 rue de la Verrerie
75004 Paris

Tél. +33 1 42 72 19 19
Métro: Hôtel de Ville
 

À lire:
pascALEjandro, monographie.
Sous la direction de Donatien Grau
ASSOCIATION AZZEDINE ALAÏA
ACTES SUD